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J'étais là sous le ciel sombre d'un été moribond et il me semblait rejoindre d'anciennes peurs, d'anciens désarrois, le choc d'anciennes batailles et le chantonnement très doux d'anciens bonheurs possibles dont ce même ciel était le seul témoin aveugle. Je me suis baissé pour ramasser une pierre contre laquelle j'avais buté et j'ai gardé cette pierre entre mes mains comme un petit crâne.
Il m'a semblé que quelque chose passait. Le contraire d'un événement. Quelque chose qui s'offrait à moi avec évidence. Un signe sans date. Un clin d'œil du monde. Un trait invisible qui traverse le Temps qui, du coup, n'est plus « le Temps », mais l'espace ouvert où des êtres humains respirent et se taisent. Les vivants et les morts. Les gens. Les pauvres gens. Tout le monde. Et ce trait me traversait moi aussi, sans douleur. Il me dispensait de penser, de m'inquiéter. Tout ne tenait qu'à un fil. La perte à ma place, désormais.
Alors, ma pierre terreuse au bout des doigts, j'ai levé la tête. Exactement au-dessus de moi, un astre brillait avec une intensité surprenante. Diamant sans écrin. Pépite sans coffret. Première et dernière étoile dans le désastre obscur. L'étoile du réconfort.

La diagonale du vide  de Pierer Péju

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