D'ombre et de lumiere

"Dis-moi Qu'as-tu choisi ? Qu'est-ce que tu veux garder ? Que veux-tu conserver dans la tirelire à temps dans ton léger trésor d'instants sauvés ?"

lundi 31 mars 2008

Ce que la mer laisse

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dimanche 30 mars 2008

Nous ne sommes que des mots

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Nous ne sommes que des mots, des mots qui résonnent dans l'éther.
Mots murmurés, criés, crachés, mots répétés des millions de fois ou mots à peine formulés par des bouches hésitantes.
Moi, je crois aux mots. Tous les mots que nous, les humains, avons dits depuis le commencement des temps y tournent en tond, suspendus dans le magma de l'univers. L'éternité est ainsi : un fracas inaudible de mots. Et peut-être que les rêves ne sont, eux aussi, que les mots des morts qui entrent dans nos têtes quand nous dormons et y forment des images. Je suis sûre que tous les sons tournent autour de nous en faisant des tourbillons:'le cri Terre par lequel Rodrigo de Triana salua les côtes amé­ricaines lors du premier voyage de Colomb, le moribond Toi aussi, Brutus par lequel César exprima sa douleur devant ses assassins, la très douce berceuse que ma mère chantait à mon chevet. Je ne me souviens pas de la chan­son, maïs je suis persuadée qu'elle est encore près de moi, ce qui me console. Parfois, il me semble sentir passer les mots de ma mère, comme une brise très légère qui caresse mon front ; et j'ai toujours l'espoir d'attraper ces mots en pleine nuit et de les revivre comme s'ils étaient neufs au sein de mon rêve.

Rosa Montero La fille du cannibale


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vendredi 28 mars 2008

Entre partir et revenir...

 

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jeudi 27 mars 2008

Derrière la vitre

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ma fille derrière la vitre de voiture...

 

 Au fond de notre cœur, tes yeux dépassent tous les ciels.

Leur cœur de nuit, flèche de joie, ils tuent le temps, ils tuent l'espoir et le regret, ils tuent l'absence.

La vie seulement la vie, la forme humaine autour de tes yeux.

Paul Eluard

 

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mercredi 26 mars 2008

Le violoniste

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violoniste

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Faiseur de magie

frôlement d'âmes

l'invisible apparaît

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free music

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lundi 24 mars 2008

Ouverture sur le printemps

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Entre deux ondées, une éclaircie

Entre neige et pluie, du soleil.

Le printemps se faufile...

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mercredi 19 mars 2008

Promesse d'une journée

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Maintenant, l'instant
Synthèse AFDT [Au Fil Du Temps] du collectif A. Desjardins  P. Ravigant  Rajneesh:

Il n'y a rien d'autre que l'instant. Ce n'est pas la peine de chercher autre chose et c'est ce " tout petit ", cet infiniment petit de l'instant présent qui peut vous révéler l'infiniment grand de l'Eternité.

L'instant et l'Eternité se rejoignent parce que les deux sont infinis. Si vous n'êtes pas dans l'instant, vous revoilà dans le temps et vous revoilà dans une certaine forme de mesure. Si vous êtes exactement dans l'instant, vous échappez, à la mesure.

" Vous êtes toujours absents de chez vous ". Que de comparaisons, de paraboles, d'allégories, pour illustrer cette vérité ; et ces paroles signifient : je me répands dans les choses extérieures, alors que la réalité parfaite, la satisfaction parfaite, n'est pas dans les choses mesurables et n'est pas dans les choses changeantes. Elle est dans cette Ultime Conscience qui échappe à toute matière, donc à toute mesure et à tout changement.

Quelles que soient leurs divergences d'interprétation et de pratique, toutes les traditions spirituelles orientales ont une perspective identique en ce qui concerne le temps. On pourrait relever d'innombrables citations, tant dans l'hindouisme et le bouddhisme que dans le taoïsme ou le soufisme, où l'état de Libération, d'Eveil, d'Accomplissement s'apparente à une perception précise et unanime de l'instant présent comme fondement absolu de la réalité.

Aux yeux des Orientaux, la notion de succession temporelle est un leurre, une image déformée, illusoire, un fallacieux produit de nos désirs et de nos peurs manipulant le mental comme une marionnette. Considérant le monde comme objet d'appropriation, nous ne pouvons fonctionner que sur un double mode récapitulatif et anticipateur, soumis à un édifice de jugements et de comparaisons, alors que le Réel est toujours Maintenant - que nous le voulions ou pas. Les souvenirs et les projets eux-mêmes s'inscrivent dans ce Maintenant : en fait, rien ne peut se passer en dehors de ce Maintenant. Un voile obscurcissant consiste justement à brouiller ce présent, à le parasiter à coups de projections mentales qui dénaturent sa transparence et bloque sa spontanéité. Ainsi la vie n'est plus éprouvée directement, dans son jaillissement créateur, son incessant renouvellement, mais à travers un oppressant système de préjugés, d'à priori, de contraintes et de répétitions. Etre Maintenant, c'est Etre tout court. Tandis que s'inféoder aux hiers et aux lendemains, c'est s'efforcer, le plus souvent douloureusement, d'avoir un passé et d'avoir un futur.

Pour chacun de nous, le passé et le futur ainsi revendiqués constituent des domaines totalement subjectifs, particuliers, impossibles à partager, puisqu'il s'agit d'un ensemble d'expériences et de demandes spécifiques procédant de motivations foncièrement personnelles. Seul le pur Maintenant est une dimension commune, car nous sommes tous dans ce Maintenant qui est, en tant que tel, le même pour chacun.

Innombrables sont les instants d'avant et les instants d'après, et innombrables aussi les relations, les trames d'interactions et d'interconnexions où ils s'insèrent. En revanche. Maintenant est seul, unique, inqualifiable, sans relation et sans mesure, ce qui revient à dire qu'échappant à toute relativité, Maintenant est absolu.

Nous divisons le temps en trois parties - le passé, le présent, et l'avenir. Mais cette division est fausse, absolument fausse. En réalité, le temps se compose du passé et de l'avenir ; le présent n'en fait pas partie. Le présent appartient à l'éternité. Ce qui est passé, c'est le temps. Ce qui va se passer, c'est le temps. Mais ce qui est n'est pas le temps parce qu'il ne passe jamais. Le maintenant est toujours ici. Il est toujours ici ! Ce maintenant est éternel.

Quand vous sortez du passé, vous n'entrez jamais dans le présent, vous entrez dans l'avenir. Il n'est pas un moment qui soit le présent. Du passé, vous entrez toujours dans l'avenir. Du présent, vous n'entrez jamais dans l'avenir. Vous vous enfoncez au contraire de plus en plus dans le présent. C'est la vie qui n'a pas de fin. Essayons de trouver une image. Disons que le temps va du passé à l'avenir ; c'est une ligne droite, une horizontale. Quand vous êtes dans le présent, vous entrez dans une autre dimension : vous vous déplacez le long d'une verticale ; vers le haut ou vers le bas, vers les hauteurs ou vers les profondeurs. Mais vous ne vous déplacez jamais horizontalement.

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mardi 18 mars 2008

Elan et résistance

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On se construit autour de ses blessures.

Aussi comment pourrait-on faire sans elles?


 
 

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lundi 17 mars 2008

Soeurs

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Une histoire qui s'écrit au-delà des paroles...

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vendredi 14 mars 2008

L'harmonie interne des choses

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extrait de "La fille du cannibale" de Rosa Montero

"Même aux confins de l'être, la beauté existe. II est des moments où être vieux est triste et, parfois, insupportable. À ces moments-là, votre tête s'emplît de la nostalgie de tout ce qui a été perdu et la mélancolie du jamais plus vous étouffe. Je ne serai plus jamais maître de mon corps comme je l'étais jadis, jamais plus la douceur des nuits de ma jeunesse, jamais plus l'espoir en l'avenir et en la puissance. Quand on est vieux tout ce que l'on est, on l'a déjà été.

Pourtant, la vieillesse n'est pas un lieu aussi désolé. Il y a dans l'âge lui-même quelque chose qui vous protège, quelque chose qui compense: une certaine acceptation, une certaine intelligence. Par exemple, quand on parvient à vivre aussi longtemps que moi, on commence à comprendre un peu mieux la mort. Nous croyons que la mort est un ennemi extérieur à nous, un étranger qui nous guette et cherche à nous envahir à maintes et maintes reprises par le biais des maladies. Mais non. En réalité, nous ne mourons pas à cause de quelque chose qui est extérieur et étranger, mais de notre propre mort. Nous la portons en nous depuis notre naissance et elle est quelque chose de proche et de quotidien, d'aussi naturel que la vie. Ce que je suis en train de dire est la chose la plus évidente du monde, cependant notre cerveau rechigne à l'accepter.

Quand on parvient à vivre aussi longtemps que moi, on commence enfin à pressentir que, au sein du désordre du monde, il y a un certain ordre. Peut-être est-ce la consé­quence de mes besoins, une défense contre la désolation et l'absurdité, mais il est sûr et certain qu'il me paraît chaque jour plus évident que l'harmonie existe. Que, au-dessus du tumulte des petites choses, il y a une sérénité universelle, sublime. Si universelle et si sublime qu'elle n'est sûrement pas d'un très grand secours quand l'horreur s'abat sur notre petitesse, sur l'ici et maintenant. Mais il arrive que la conscience trouve une consolation dans cette perception globale de l'équilibre, l'intuition que tout est, d'une manière ou d'une autre, lié.

L'harmonie interne des choses. C'est ce que j'ai essayé d'expliquer: que dans ce que nous sommes, même si cela peut paraitre ridicule et utopique, intervient aussi le Bien comme une modalité indispensable. II est sûr et certain que, de tous temps, [le mal] a eu l'air de gagner; mais si nous faisons un effort pour voir la trajectoire de l'humanité dans son ensemble, on peut aisément remarquer qu'il y a une tension constante entre ce qui est vital et ce qui est morti­fère, entre la volonté de comprendre et celle de commettre des déprédations. L'histoire s'est construite sur ce combat, et l'on pourrait dire que, malgré tout, la raison et l'intelli­gence sont en train de vaincre. Aujourd'hui, par exemple, l'esclavage est un concept abominable dans le monde entier, même si continuent à exister des esclaves clandestins et sont apparus d'autres types d'esclavage. Mais le concept en soi a été terrassé dans la conscience sociale. Peu de chose en apparence, mais c'est une avancée: parce que cet accord commun, ces mots publics librement acceptés par les diverses parties sont le fondement de la civilisation. Et je t'ai déjà dit que pour nous, le mot est tout. 

Laisse-moi te parler des pingouins. Quand les petits des pingouins sortent de leurs œufs, leurs parents doivent les laisser seuls pour aller chercher de la nourriture en mer. Ce qui pose un grave problème, parce que les petits pingouins sont recouverts d'un duvet si léger qu'il ne suffirait pas à les maintenir en vie dans les températures extrêmement froides du pôle Sud. Alors les petits pingouins restent regroupés sur leurs îlots de glace, des milliers de pingouins qui viennent de naître serrés les uns contre les autres pour se tenir chaud. Mais pour que ceux qui se trouvent à l'extérieur du groupe ne gèlent pas, les petits pingouins tournent sans arrêt si bien qu'aucun n'est exposé aux intempéries plus de quelques secondes. Si cette ingé­nieuse ruse collective avait été mise au point par des hommes et des femmes, elle aurait été perçue comme une démonstration de la solidarité humaine; mais les petits des pingouins, contrairement à nous, ne comprennent pas les mots, et s'ils se protègent entre eux, c'est parce qu'ils ont ainsi plus de chances de survivre : c'est une générosité dictée par la mémoire génétique, par la sagesse brute des cellules. Ce que je veux te dire à travers cet exemple,  c'est que ce que nous appelons le Bien est déjà présent au cœur même des choses, chez les animaux irrationnels, dans la matière aveugle. Le monde n'est pas seulement fureur, violence et chaos, mais il est aussi ces pingouins ordonnés et fraternels. Il n'y a pas à avoir si peur de la réalité, parce qu'elle n'est pas que terrible, elle est belle aussi."







Posté par ombretlumiere à 15:43 - L'attrapeur de mots - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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