jeudi 8 janvier 2009
Dans le silence d'un envol...
L'aigle invisible est en vous
Rochers surgis de nos rêves
En vous le vol
En vous la flamme
En vous la nuit fulgurante
Promesse tenue
Geste retenu
Vous êtes en nous le pur souffle
Que nous ignirions
Rochers surgis de nos rêves
L'invisible aigle est en vous
Embrassant Yin
endossant Yang
Frayant en nous la voie sûre
Que nous ignirions
Sol craquelé
Ciel constellé
Et nous votre élan charnel
A l'aube sur toutes routes
Vous dressez vos corps ailés
Parfois sous nos mains calleuses
Brisant les rosées figées
Un ange renaît sourire.
François Cheng
mardi 4 novembre 2008
le veilleur d'invisible et la tisseuse de silence
avec juste quelques brins de vent...
vendredi 31 octobre 2008
Sérénité


lundi 27 octobre 2008
Voyage dans les contrées de l'imaginaire

mercredi 22 octobre 2008
L'amour est un long voyage...


Aimer une personne
est un long voyage —
roches, chutes d'eau et l'ombre
soudain, dilatée
le couvert des forêts,
parfois des éclairs
sur le silence si vaste de la mer
et des routes surélevées, des cris
des rues soudain plongées
dans une lumière inconnue.
Aimer quelqu'un, des milliers, chacun
c'est comme tenir une carte dans le vent.
On n'y parvient pas mais mon cœur
on me l'a mis au centre de la poitrine
pour ce haut, merveilleux défaut.
Sur les hauts plateaux de chaque nuit
me voici avec les redites et les mains ouvertes de la poésie :
ne les fais pas souffrir, ils sont à toi, ne les fais pas partir.
Davide Rondoni Un bonheur dur
lundi 20 octobre 2008
Obscure lucidité


Je passe, et par la magie de ce simple passage de maraudeur, ma pensée, flottant tout à coup dans l'intensité des choses, possède à nouveau le monde, mais de façon absolument non possessive. Ma pensée confrontée au monde comme à un bloc de non-sens rejoint une étrange beauté qui ne dépendait que d'un coup d'œil, d'un coup de dés.
Où se trouve le « bon côté des choses » ? Je n'en sais rien, mais je sais qu'il existe et que cela suffit. Et je sais qu'une vigilance et une résistance sont possibles.
Je deviens l'anti-vigile, celui qui veille la nuit comme on veille un mourant ou un enfant malade. Le monde est là. Il m'attendait. Le monde est l'attente des choses. La plage à marée basse sous des pavés d'objets morts.
Le monde est là. Encore. « Plein de contrées magnifiques... » Et je peux me laisser aller à une « solitude consciente et organisée ». À une sorte de lucidité obscure.
Et je souhaite demeurer le plus discret possible, légèrement en retrait. Passant. Faisant, chaque jour, sa promenade clandestine...
Pierre Péju La vie courante
vendredi 19 septembre 2008
les chemins sont circulaires

Mais c'est peut-être vrai, ce qu'il dit, que tous les chemins sont circulaires et qu'ils ne mènent pas quelque part mais à l'intérieur de soi, parce que le brouillard de nos peurs est trop épais, et les routes qui ont l'air de mener ailleurs sont des illusions
Alessandro Baricco

lundi 14 avril 2008
Territoires sauvages

Résignation, tel est le mot de la grande défaite. La vie est un trajet long et fatigant. Comme un train de grande ligne qui doit, à l'occasion, traverser des régions en guerre et des territoires sauvages. Je veux dire que le chemin est semé d'embûches et le déraillement un accident assez banal. II y a mille façons de perdre le cap. Par exemple, on peut aller tout droit en enfer pendant quelques années.
D'autres, en revanche, ne sortent jamais des rails, ils se contentent de ralentir, roulent de plus en plus lentement, jusqu'à finir par s'arrêter complètement et faire du surplace, à moitié tués par la passivité et l'échec, le temps inclément faisant rouiller le fer-blanc et les idées.
Rosa Montero La fille du cannibale
Mais il y a aussi ces endroits qui ne vont nulle part.
Des endroits où l'on ne peut que s'arrêter.
Voie sans issue qui appelle le demi-tour, personne ne nous y attend et pourtant juste avant le demi-tour...




















