lundi 14 avril 2008
Territoires sauvages

Résignation, tel est le mot de la grande défaite. La vie est un trajet long et fatigant. Comme un train de grande ligne qui doit, à l'occasion, traverser des régions en guerre et des territoires sauvages. Je veux dire que le chemin est semé d'embûches et le déraillement un accident assez banal. II y a mille façons de perdre le cap. Par exemple, on peut aller tout droit en enfer pendant quelques années.
D'autres, en revanche, ne sortent jamais des rails, ils se contentent de ralentir, roulent de plus en plus lentement, jusqu'à finir par s'arrêter complètement et faire du surplace, à moitié tués par la passivité et l'échec, le temps inclément faisant rouiller le fer-blanc et les idées.
Rosa Montero La fille du cannibale
Mais il y a aussi ces endroits qui ne vont nulle part.
Des endroits où l'on ne peut que s'arrêter.
Voie sans issue qui appelle le demi-tour, personne ne nous y attend et pourtant juste avant le demi-tour...
Commentaires
en passant ...
l'inattendu est la plus constructive des rencontres mais pas facile de se rendre à se rendez-vous ... nous sommes occupés du matin au soir, trouver un moment pour lire est même rare, un temps de calme, évéillé, rester immobile en paix, à écouter rien, ne plus rien faire du tout, là, c'est carrément exeptionnel ...
Je reviendrais pour mieux découvrir, j'y ai vu un écho ...
c'est en passant chez les Loups, ben voilà un exemple d'inattendu ...
Si tu suis la voie ferrée...
... c'est sûr, nous finirons par nous rencontrer ! Elle passe aussi chez moi, tout aussi ensauvagée !
savoir s'en contenter ...
Hier, cette voie ferée emmenait les gens et les marchandises au-loin, aujourd'hui, elle permet aux flâneurs d'errer à l'ombre du bruit des cités, un moment idéal pour l'âme qui va au rythme du corps chercher du repos ...
La Nature reprend ses droits...
désormais les fleurs peuvent jouer à la marelle!
Elle tombe bien cette note. Tu utilises les mots justes!
et merci pour la photo :-)
Peut-être parce qu'il n'y a plus ni train, ni grande ou petite ligne, ni horaire ou itinéraire. Juste le pas alors, parce que le train n'a jamais fait demi-tour.
Recyclage
Chez nous, les anciennes voies ferrées sont transformées en voie verte dans la vaste campagne, et en voie bleue le long du canal. Belle initiative! Bientôt une transeuropéenne verte et bleue, paraît-il?
Voie verte: axe de circulation ouvert à tous les moyens de locomotion non motorisés.
Il faut pouvoir descendre du train, sortir des sentiers battus, des voies toutes tracées et prendre le risque de courir à travers champs parfois.
Cette photo m'y invite.
le charme du passé et la victoire de l'herbe et des fleurs !
Patrick > Un plaisir ces rencontres inattendues!
Au détour d'un chemin un autre à découvrir...
Fugitive > Un appel à suivre les sentiers buissoniers: si tu t'y trouves la magie est au bout!
Marie-Claude > Chaque temps ces plaisirs! Celui-ci est est des meilleurs...
Too banal > joli clin d'oeil bucolique!Respiration d'enfance.
CaMa > Toujours aussi créative! Ta signature me plaît bien!!
J'aime lorsque des résonance
se jouent...
Savoir profiter des temps de respiration dans ce qui semble être des impasses et le sont sans doute d'une certaine façon. Elles invitent à d'autres voyages ou à un regard différent. L'idée de faire demi tour ou d'envisager les choses autrement est fatigant et décourageant dans un premier temps, aussi prendre le temps d'apprécier ce qui peut l'être, qu'on pourrait avoir tendance à oublier!
Rémy > Invitation à continuer autrement en prenant le temps de vivre.
Il y a aussi l'alternative de ces vélos-rails qui vont dans les deux sens et n'ont pour but que le plaisir de la balade!
Mima > Il faudra que j'aille à leur découverte. Les photos que tu nous fait partager, invitent à ces balades...
Caboche > Pas facile d'avoir l'audace de prendre des sentiers détournés.
La vie nous presse,on a peur de se perdre, on ne sait pas ce que l'on va trouver et pourtant...
Il est bon de se perdre parfois!
Colette > Respiration du temps qui passe...
Il me semble que Rosa Montero trahisse - dans ce court extrait - une conception déprimante de l'existence... La vie est bien ce que nous en faisons, une fois que nous avons "prise" sur elle... Rompre les amarres... ne pas se préoccuper des "moules-à-gaufres" (comme dirait le capitaine Haddock), de tout ce formatage d'existences... On peut passer vingt, trente, quarante, cinquante, voire soixante ans à acquérir (chèrement) cette Liberté d'être heureux - et c'est elle qui nous permettra le partage... Bises & très beau dimanche à toi !
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