lundi 17 septembre 2007
De l'autre côté... L'ailleurs qui est ici...

" Nous sommes des êtres amphibies. Nous sommes d'ici et d'ailleurs, les
pieds sur la terre et la tête dans nos rêves, comme des arbres
déracinés, immergés dans le flot incessant de nos fantasmes, de nos
utopies. C'est cela, la seconde vie: cet espace où nous passons la
majeur partie de notre existence, où le dedans et le dehors, l'intime
et l'exterieur ne cessent de se mêler"
A propos du livre "52 ou la seconde vie" de Geneviève Brisac
Comme j'ai aimé froler du doigt ces 52 fragments de vie,cette "seconde vie", cet insaisissable qui sans cesse nous échappe...
Peut-être est-ce cela que je traque perpetuellement jusque dans les pages de cet espace...
Cette vie qui vacille, cette espérance folle sans queue ni tête qui s'envole dans le ciel comme
un cerf-volant dont la corde aurait cassé...
Espaces de vie, respirations silencieuses, interstices dont on émerge,
ondes sensibles où l'on capte l'âme des êtres et des choses derrière une
réalité ordinaire...
Dans le miroir de ces pages, percevoir les reflets de la vie, être
touché par leur grâce, saisir, révéler l'infime essentiel comme
raison d'être...
Effleurer la partie insaisissable de ce qui nous anime, tenter de cerner l'indéfinissable, la vie derrière la vie, cette réalité volatile comme
poussière au soleil qui traverse fugitivement le regard pour
briller, danser et aussitôt s'échapper...
Des poussières comme des notes, des émotions volant dans l'air...
Poussières légères comme un "ô" lancé, "ô si vrai, si sincère et si drôle aussi..."
Poussières comme un regard qui vacille quelques instants d'un éclat de chagrin, d'emerveillement et aussitôt se rend au calme lisse des temps ordinaires...
Un souffle murmure:
" Si ton cerf-volant est cassé, garde la ficelle".
C'est ce que je fais, sans doute parce que les rêves sont au bout...
Commentaires
Venir ici pour s’évader un instant d’une vie trépidante, pour saisir le cerf-volant au passage, pour voir autrement, pour écouter la mélodie, pour se ressourcer.
Merci de m'amener, par l’image et les mots, dans cette ailleurs, cette autre vie de rêves et de fantaisies.
Délicate et nuancée image pour dire cet au-delà, cet ailleurs, où continuellement nous nous situons, nous nous projettons.
Qui tiendra le compte de nos vies, les rélles comme les rêvées? J'aime ton image de "fragment de vie". Une vie plurielle, fragmentée, et plus elle est riche, et plus elle se multiplie. Ne serait-ce pas cela le bonheur: se saisir de ces instants et d'en faire son miel? Quel qu'il soit, même si, du cerf-volant, il ne reste qu'un bout de ficelle, preuve de la réalité de nos rêves envolés vers d'autres.
Derrière les portes-fenêtres...
... De ce côté le plus intime des êtres, qui ouvre son mystère et laisse chanter les jours... Belle photo, belle musique, beau texte...
Merci pour ce petit moment délicieux passé ici..
Ce fut l'éclat de l'instant de bonheur de ma "seconde vie" d'aujourd'hui..
Je reviendrai cueillir des "poussières légères"..
Tellement première cette " seconde vie" !
je passais... j'allais frapper à la porte, tant elle est vraie..mais je n'ai pas osé... une jeune fille travaillait sa musique...je pars sur la pointe des pieds, mais j'ai quand même lu ce beau texte..
Quand j' étais adolescente, il y avait une revue qui me faisait rêver, j' y projetais mes espoirs de mère, de femme et de sérénité ... La vie s' est révélée moins tranquille et pourtant en soulevant la page de ton blog, à te lire, t' écouter et tendre le coeur de l' autre côté de la porte, j' ai eu cette impression reposante de retrouver les pages de cette époque et c' est bon ...
Merci Corinne pour cette pensée, cet univers magique, mélange de douceur et d'évolution...nous sommes des artistes du rêve et du réel...
y a-t-il une maison plus gaie que celle où le violoncelle sait pleurer....

