mardi 19 mai 2009
Les monstres endormis du pays de L'Ailleurs






Cerbère assoupi, minotaure impassible, chat gigantesque aux aguets, monstres statufiés en plein rugissement, géant endormi,...
Bestiaire improbable menaçant de s'éveiller au moindre souffle...
Vous qui passez par là
Prenez garde...
Méfier vous jusqu'à vous-même: il est des démons intérieurs qui savent mieux que quiconque éveiller les monstres du pays de l'Ailleurs...
!
jeudi 14 mai 2009
Les portes du ciel...




lundi 20 octobre 2008
Obscure lucidité


Je passe, et par la magie de ce simple passage de maraudeur, ma pensée, flottant tout à coup dans l'intensité des choses, possède à nouveau le monde, mais de façon absolument non possessive. Ma pensée confrontée au monde comme à un bloc de non-sens rejoint une étrange beauté qui ne dépendait que d'un coup d'œil, d'un coup de dés.
Où se trouve le « bon côté des choses » ? Je n'en sais rien, mais je sais qu'il existe et que cela suffit. Et je sais qu'une vigilance et une résistance sont possibles.
Je deviens l'anti-vigile, celui qui veille la nuit comme on veille un mourant ou un enfant malade. Le monde est là. Il m'attendait. Le monde est l'attente des choses. La plage à marée basse sous des pavés d'objets morts.
Le monde est là. Encore. « Plein de contrées magnifiques... » Et je peux me laisser aller à une « solitude consciente et organisée ». À une sorte de lucidité obscure.
Et je souhaite demeurer le plus discret possible, légèrement en retrait. Passant. Faisant, chaque jour, sa promenade clandestine...
Pierre Péju La vie courante
mercredi 27 août 2008
Une lueur sur le seuil incertain de la terre.


"Je connais bien l'aurore. Je ne l'ai jamais manquée. Même en avion j'entrouvre le petit volet de plastique dont l'hôtesse a ordonné la fermeture pour épier, quelque heure qu'il soit dans le décalage circulaire et céleste, je connais l'heure de la lueur.
Derrière la lueur se tient le seuil incertain de la terre.
L'aurore est au jour ce que le printemps est à l'année c'est-à-dire ce que le bébé est au mort.
L'aurore tire une fumée de brume au-dessus des rivières et des lacs. C'est un voile qui s'interpose entre le soleil qui se hisse et son reflet qui se répand dans la région de l'air qui l'entoure. C'est sa propre chaleur qui en rend impossible la vision à l'instant de sa naissance. Nous ne connaissons jamais ce qui commence à son début."
Pascal Quignard Les ombres errantes









