dimanche 21 juin 2009
Une lueur bleue d'espoir

un sms?...
lundi 11 mai 2009
L'appel muet des nuages

...Les mots sont comme les nuages, vérité toujours en mouvance...
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"Tous les jours Carmichaël arpente la lande, le chevalet sur l'épaule. Souvent il choisit le contrebas d'une colline, avec une ouverture sur l'horizon. Surtout, bien sûr, une vaste étendue de ciel qui parfois semble dévorer la toile toute entière. Il quitte la petite maison blanche, à deux étages, tôt le matin, ou peu avant le couchant. Il emporte la boîte; le couvercle fait office de chevalet; la palette est réduite au minimum: de la poudre bleu de Prusse, du blanc et du noir de charbon, du carmin et du vermillon pour réveiller les couleurs. Et d'abord, il ne peint pas. Il ne suffit pas de regarder cet objet, c'est un milieu, et un milieu sauvage. Il se dérobe si on l'attaque tout de suite, si l'on cherche à le prendre de vitesse; mais si on attend trop longtemps, le résultat est froid infidèle. Il faut se tenir debout à l'endroit choisi, face au motif, et attendre.
Pendant des heures Carmichäel attend. Il n'attend évidemment pas bêtement, l'inspiration; il n'attend pas davantage une belle disposition des nuages, car toutes les dispositions de nuages, à qui sait les contempler, sont également intéressantes. Il attend simplement que la peinture se lève en lui comme une turbulence, qu'elle forme imperceptiblement, justement comme font les nuages, il attend qu'elle s'agrège à travers tout son corps, pour qu'enfin la beauté du ciel imprègne le papier. Carmichaël attend comme si lui-même était un nuage. Alors seulement il peint.
Et c'est tout une affaire, même du point de vue pratique, de peindre les nuages. Il; faut faire vite, parce que tout sèche au soleil , au plein vent des hauteurs de Hampstead. Carmichaël a amené deux chevalets. D'abord sur le premier il épingle une de ses feuille et peint le fond. C'est une tache dérisoire, que certain réserve à leur apprenti, mais Carmichaël n'a aucun disciple, et il aime le dérisoire: avec son plus pinceau il étale une fine couche de blanc de plomb mêlée de bleu de Prusse, qui sera le support de son ciel. Alors il attend que ce fond sèche, en s'imprégnant du paysage, du ciel toujours changeant, mais sans trop forcer son attention. Il choisit méticuleusement son emplacement, dans l'axe des vents dominants; il laisse venir à lui les nuages. pendant que le premier sèche, il prépare un second fond selon le même principe, mais sous un angle légèrement différent. Quand enfin les fonds sont prêts, il attaque les nuages: patiemment et rapidement il applique, couche après couche, des gris semi-opaques, des bleus et des roses; peu à peu sous sa main naît le relief des ciels. L'étude est presque achevé. C'est là un moment périlleux, qui exalte et le mine tout ensemble: sait-on jamais quand un ciel est fini?"
La théorie des nuages de Stéphane Audeguy
lundi 29 septembre 2008
Le monde du rêve n'existe pas moins fort que le monde réel.
Le faiseur de rêves...


"Je m'assieds sur la banquette. Je passe la main dans mes cheveux et j'attends que le chagrin se retire. Il finit toujours par se retirer. Je regarde vers le mur du fond de la cuisine. Il s'agit de vérifier la présence ou l'absence de la mirifique porte bleue. Je sais parfaitement que je ne dispose pas d'une remise et encore moins d'un cagibi somptueux aux airs de salle de bal. J'ignore ce que j'espère. Peut-être croiser le mirage de Mme Cohen, la douanière de l'autre espace, du monde dans lequel les souhaits ont un pouvoir performatif. Que la porte soit et la porte fut. Le monde du rêve n'existe pas moins fort que le monde réel. Quelle est la différence? Soudain je ne sais plus. Dans le monde des rêves, on n'a pas de soucis, me dis-je. Mais c'est faux, dans les cauchemars, on n'a que ça. Dans le monde réel, les actes ont des conséquences; c'est cependant aussi le cas dans-les rêves. Non, je m'égare. C'est plus général, une question de continuité. Dans la vie, tout s'enchaîne, l'erreur d'hier avec la réparation de demain, la faute du mois dernier avec le châtiment du mois suivant. Dans les rêves, en revanche, les tranches de vie sont étanches."
Agnès Desharthe "Mangez-moi"
et faiseur de couleurs.


mercredi 16 juillet 2008
De soleil et de vent






