lundi 17 mars 2008
Soeurs
Une histoire qui s'écrit au-delà des paroles...
vendredi 14 mars 2008
L'harmonie interne des choses

extrait de "La fille du cannibale" de Rosa Montero
"Même aux confins de l'être, la beauté existe. II est des moments où être vieux est triste et, parfois, insupportable. À ces moments-là, votre tête s'emplît de la nostalgie de tout ce qui a été perdu et la mélancolie du jamais plus vous étouffe. Je ne serai plus jamais maître de mon corps comme je l'étais jadis, jamais plus la douceur des nuits de ma jeunesse, jamais plus l'espoir en l'avenir et en la puissance. Quand on est vieux tout ce que l'on est, on l'a déjà été.
Pourtant, la vieillesse n'est pas un lieu aussi désolé. Il y a dans l'âge lui-même quelque chose qui vous protège, quelque chose qui compense: une certaine acceptation, une certaine intelligence. Par exemple, quand on parvient à vivre aussi longtemps que moi, on commence à comprendre un peu mieux la mort. Nous croyons que la mort est un ennemi extérieur à nous, un étranger qui nous guette et cherche à nous envahir à maintes et maintes reprises par le biais des maladies. Mais non. En réalité, nous ne mourons pas à cause de quelque chose qui est extérieur et étranger, mais de notre propre mort. Nous la portons en nous depuis notre naissance et elle est quelque chose de proche et de quotidien, d'aussi naturel que la vie. Ce que je suis en train de dire est la chose la plus évidente du monde, cependant notre cerveau rechigne à l'accepter.
Quand on parvient à vivre aussi longtemps que moi, on commence enfin à pressentir que, au sein du désordre du monde, il y a un certain ordre. Peut-être est-ce la conséquence de mes besoins, une défense contre la désolation et l'absurdité, mais il est sûr et certain qu'il me paraît chaque jour plus évident que l'harmonie existe. Que, au-dessus du tumulte des petites choses, il y a une sérénité universelle, sublime. Si universelle et si sublime qu'elle n'est sûrement pas d'un très grand secours quand l'horreur s'abat sur notre petitesse, sur l'ici et maintenant. Mais il arrive que la conscience trouve une consolation dans cette perception globale de l'équilibre, l'intuition que tout est, d'une manière ou d'une autre, lié.
L'harmonie interne des choses. C'est ce que j'ai essayé d'expliquer: que dans ce que nous sommes, même si cela peut paraitre ridicule et utopique, intervient aussi le Bien comme une modalité indispensable. II est sûr et certain que, de tous temps, [le mal] a eu l'air de gagner; mais si nous faisons un effort pour voir la trajectoire de l'humanité dans son ensemble, on peut aisément remarquer qu'il y a une tension constante entre ce qui est vital et ce qui est mortifère, entre la volonté de comprendre et celle de commettre des déprédations. L'histoire s'est construite sur ce combat, et l'on pourrait dire que, malgré tout, la raison et l'intelligence sont en train de vaincre. Aujourd'hui, par exemple, l'esclavage est un concept abominable dans le monde entier, même si continuent à exister des esclaves clandestins et sont apparus d'autres types d'esclavage. Mais le concept en soi a été terrassé dans la conscience sociale. Peu de chose en apparence, mais c'est une avancée: parce que cet accord commun, ces mots publics librement acceptés par les diverses parties sont le fondement de la civilisation. Et je t'ai déjà dit que pour nous, le mot est tout.
Laisse-moi te parler des pingouins. Quand les petits des pingouins sortent de leurs œufs, leurs parents doivent les laisser seuls pour aller chercher de la nourriture en mer. Ce qui pose un grave problème, parce que les petits pingouins sont recouverts d'un duvet si léger qu'il ne suffirait pas à les maintenir en vie dans les températures extrêmement froides du pôle Sud. Alors les petits pingouins restent regroupés sur leurs îlots de glace, des milliers de pingouins qui viennent de naître serrés les uns contre les autres pour se tenir chaud. Mais pour que ceux qui se trouvent à l'extérieur du groupe ne gèlent pas, les petits pingouins tournent sans arrêt si bien qu'aucun n'est exposé aux intempéries plus de quelques secondes. Si cette ingénieuse ruse collective avait été mise au point par des hommes et des femmes, elle aurait été perçue comme une démonstration de la solidarité humaine; mais les petits des pingouins, contrairement à nous, ne comprennent pas les mots, et s'ils se protègent entre eux, c'est parce qu'ils ont ainsi plus de chances de survivre : c'est une générosité dictée par la mémoire génétique, par la sagesse brute des cellules. Ce que je veux te dire à travers cet exemple, c'est que ce que nous appelons le Bien est déjà présent au cœur même des choses, chez les animaux irrationnels, dans la matière aveugle. Le monde n'est pas seulement fureur, violence et chaos, mais il est aussi ces pingouins ordonnés et fraternels. Il n'y a pas à avoir si peur de la réalité, parce qu'elle n'est pas que terrible, elle est belle aussi."
mercredi 12 mars 2008
Là où finit le chemin commence l'immensité
Métamorphose: l'envol
Je ne puis trouver le repos
J'ai soif d'infini
Mon âme languissante aspire
aux inconnus lointains
Grand Au-delà, ô le poignant appel de la flûte!
J'oublie, j'oublie toujours
que je n'ai pas d'ailes pour voler,
que je suis éternellement attaché à la terre
Mon âme ardente et le sommeil me fuit;
Je suis un étranger dans un pays étrange!
Tu murmures à mon oreille un espoir impossible.
Mon cœur connait ta voix comme si c'était la sienne.
Grand inconnu,ô le poignant appel de la flûte!
J'oublie, j'oublie toujours
que je ne sais pas le chemin,
que je n'ai pas de cheval ailé.
Je ne peux trouver la quiétude.
Je suis étrange à mon propre cœur.
dans la brume ensoleillée des heures langoureuses.
Quelle vision de Toi apparait sur le bleu du ciel!
Grand inconnaissable, ô le poignant appel de la flûte !
J'oublie, j'oublie toujours
partout les grilles sont fermées
dans la maison où je demeure solitaire!
Rabindranàth Tagore
lundi 10 mars 2008
Un souffle s'échappe

Un souffle léger s'échappe, se faufile

dépose sa longue traine scintillante aux alentours...
Parmi mes photos, une photo de ma fille est venue se glisser par inadvertance dans mes dossiers -celle en haut à droite-... Ecoutant ce souffle d'air qui l'a déposé là, je me suis autorisée à lui emprunter avec sa permission bien entendu -mais non sans mal-...
dimanche 9 mars 2008
L'infime frontière


A la lisière du printemps...
jeudi 28 février 2008
L'heure du thé



vendredi 22 février 2008
Moment de pause...
Le soleil se pose...

et se repose...

Chaque heure, ses douceurs...
jeudi 21 février 2008
Fugitive durée



Non, la durée était un sentiment
le plus fugitif de tous,
plus rapide souvent qu'un instant
imprévisible, ingouvernable, insaisissable, immensurable.[...]
La durée est en rapport avec les années
avec les décennies, avec le temps de notre vie ;
la durée est sentiment de vie.[...]
Or, la durée, c'est l'aventure de l'année qui passe,
l'aventure du fait quotidien
mais elle n'est pas une aventure de l'oisiveté
ni l'aventure d'un temps libre (si actif soit-il).[...]
Le poème de la durée est un poème d’amour.
Il parle d’un amour au premier regard
suivi d’innombrables premiers regards.
Et cet amour n’a sa durée dans aucun acte,
bien plutôt dans l’avant et l’après
où par cet autre sens du temps que donne l’amour,
l’avant est l’après
et l’après l’avant.[...]
Le sursaut de la durée
entoure en lui-même déjà un poème,
il donne une mesure muette,
qui ajoute et libère
et fait battre dans mes veines le pouls d'une épopée
où le bien finira par vaincre.
Avec la main de la durée qui se pose
la blessure se ferme
et je la sens seulement
Quand elle se ferme.
Le choix de la durée, c'est ce
qui m'a manqué.
Celui qui n'apprit jamais la durée
n'a pas vécu.
La durée ne déplace pas,
elle me replace.
Poème à la durée Peter Handke
lundi 18 février 2008
Je passe le pont suspendu de l'air







vendredi 15 février 2008
Reflets en échos

Portée par la lumière, de reflets en miroirs, images en écho ...











