D'ombre et de lumiere

"Dis-moi Qu'as-tu choisi ? Qu'est-ce que tu veux garder ? Que veux-tu conserver dans la tirelire à temps dans ton léger trésor d'instants sauvés ?"

mardi 29 janvier 2008

Un chemin qui s'écoule comme de l'eau, réfléchit comme un miroir, et répond comme un écho

Un texte qui vient de me tomber sous la main...  Sans en faire une vérité, des mots a laisser couler en soi  et faire leur chemin..

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"Le Wu wei (l'action du tao*) signifie " non-agir, non-provoquer, ou non-faire ". Mais du point de vue pratique, il signifie plutôt sans effort inapproprié et exagéré.

Le Wu wei est comparable à l'eau qui s'écoule en passant par-dessus et en contournant les rochers qu'elle rencontre. Elle ne correspond pas à l'approche mécanique et linéaire qui aboutit en général à court-circuiter les lois naturelles, mais au contraire à celle qui émane de la sensibilité intérieure des rythmes naturels du monde...

En apprenant à travailler avec notre Nature Intérieure et avec les lois naturelles qui opèrent autour de nous, nous atteignons le niveau de Wu wei. Alors nous travaillons avec l'ordre naturel des choses et opérons selon le principe de l'effort minimal. Puisque le monde naturel suit ce principe, il ne fait pas d'erreurs. Les erreurs sont commises - ou imaginées - par l'homme, cette créature qui a un cerveau surchargé et fait une séparation entre lui-même et le réseau de lois naturelles qui le supportent, en interférant et en forçant sans cesse sa nature….

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Au fil des siècles, l'homme a développé un esprit qui l'a séparé du monde de la réalité, le monde des lois naturelles. Cet esprit fait trop d'efforts, s'use trop, et finalement s'affaiblit et s'amollit. Un tel esprit, même s'il est d'une très haute intelligence, devient inefficace. Il va et vient, avance, recule, mais ne réussit pas à se concentrer sur ce qu'il fait au moment présent. Il conduit une automobile à vive allure dans la rue et pense au magasin devant lequel il va s'arrêter, à la liste d'articles ménagers à acheter. Puis il se demande comment arrivent les accidents.

le Wu wei est indéfinissable et pour ainsi dire invisible, parce que cette forme d'agir est devenue un réflexe.

Etre sensible aux circonstances. Etre simplement naturel. Un des aspects les plus pratiques de cette sensibilité aux circonstances est de ne pas avoir besoin de prendre autant de décisions difficiles. Au contraire, on les laisse se former toutes seules.

L'approche Wu wei appliquée à la solution de conflits est parfaitement illustrée par la pratique de l'art martial taoïste, le t'ai chi ch'uan, dont l'idée de base est de contrer son adversaire, soit en lui renvoyant son énergie, soit en la faisant dévier, en sorte de l'affaiblir, de le déséquilibrer, et de lui faire perdre sa position de combat. Jamais on ne s'oppose à la force par la force ; on en vient à bout, au contraire, en cédant. On peut comprendre le principe de Wu wei sous-jacent au t'ai chi ch'uan en imaginant un bouchon de liège flottant à la surface de l'eau et sur lequel on taperait. Plus on tape fort, plus il s'enfonce ; plus il s'enfonce, plus il remonte vite. Sans dépenser aucune énergie, le bouchon vient aisément à bout de tous nos efforts. De même, Wu wei vainc la force en neutralisant son pouvoir plutôt qu'en ajoutant au conflit.

La voie de POOH Benjamin HOFF
Le TAO de POOH / Editions Picquier Poche
extrait dans sa totalité ici

*Le taoïsme (道教 dào jiào « enseignement de la Voie ») est à la fois une philosophie et une religion chinoise. Plongeant ses racines dans la culture ancienne, ce courant se fonde sur des textes, dont tao te king de Lao-tseu, et s’exprime par des pratiques, qui influencèrent tout l’Extrême-Orient. Il apporte entre autres :

      -une mystique quiétiste reprise par le bouddhisme Chan (ancêtre du zen japonais);

      -une éthique libertaire qui inspira notamment la littérature;

      -un sens des équilibres yin yang poursuivi par la médecine chinoise et le developpement                 personnel ;

      -un naturalisme visible dans la calligraphie et l'art.

   

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samedi 14 juillet 2007

Le corps dans l'espace


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Mes débuts en croquis , une autre façon d'apprénhender le corps dans l'espace...  Sans prétention mais je suis assez contente de moi. Comme dans le tai chi, j'y découvre la concentration du geste où l'on trouve un calme intérieur...


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jeudi 12 juillet 2007

Rapport de force... Ce que les autres font de nous et ce que nous faisons d'eux

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                                                                                                                                                                                                                                                  "Que la compétition existât jusque dans l'amour, c'était un fait que beaucoup niait, mais dont ils faisaient pourtant l'épreuve. Et pareillement les frères et sœurs qui poussaient ensemble, comme les fleurs d'un même jardin, subissaient les forces  de lutte, de domination et d'appropriation, au cœur du brouhaha de la famille. Alors comme ça tu me regardes? C'est un spectacle ! Dans les moindres interstices  d'une relation aimante se glissaient des rapports de force. Ils entraient par toutes les portes dérobées des êtres, par là ou le cœur a perdu confiance, par là ou il y a de la honte, et aussi par là où, se croyant sans espoir, les aspirations les attentes amènent la jalousie, l'envie, l'imitation, l'admiration.

Les rapports de force sont comme trois petits graviers dans une sandale : gênant la marche mais ne l'arrêtant pas. Ainsi avaient-ils irrité la fraternelle cohabitation de Niels et Théo.
Depuis la naissance du cadet, l'aîné avait éprouvé l'irrépressible obligation de surpasser son frère. Et le cadet avait occupé l'espace laissé libre par l'aîné, développant les qualités que ce dernier n'avait pas. De là que Théo fût capable, à ce moment de la conversation, de garder un calme qui faisait défaut à Niels. Théo regardait croître un emportement auquel il restait étranger et cette distance nourrissait encore cette colère.

D'invisibles fils nous lient de cette manière les uns aux autres. Nos mouvements de cœur, nos humeurs, nos gestes mêmes, se déduisent les uns des autres en une détermination secrète, une influence réciproque indéfectible, un face-à-face perpétuel. Sommes-nous seulement ce que les autres font de nous en étant avec nous ce qu'ils sont que nous faisons d'eux ? Pensait Théo. La victime et le bourreau, l'amant et la coquette, l'amante et amoureux marchent ensemble dans le tourment des jours."

ALICE FERNEY Les autres

                                                                                                                                                                                                                                       

J'ai beaucoup apprécié le partage avec d'autres; travail à l'écoute de nos faiblesses respectives pour trouver un chemin et en faire une force mais  parfois aussi  un chemin plus difficile où il faut s'affirmer et travailler la confiance en soi...travail___deux

Travail à deux [tui shu] recherche du mouvement juste, écoute de l'autre sans force, on tente de saisir une faille destabilisante...

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           

                                                                                                                

Le conflit, une opportunité pour grandir   par Sophie Mandelbaum dans "Yi magazine" pour approfondir: ici

"Le conflit est souvent perçu comme négatif, destructeur, dans notre société. À l’inverse, les médiateurs savent combien le conflit, parce qu’il est l’expression des différences, des désaccords, rend possible leur gestion, et l’évolution d’une relation qui, autrement, serait menacée de sclérose, d’explosion, ou d’implosion. Le conflit est une chance d’adaptation, de survie de l’individu, et des relations tissées. La médiation est la reconnaissance de cette dimension du conflit, l’orchestration qui lui permet de produire une issue favorable. Le conflit bien exprimé, bien mené, abouti, nous transforme. Il est une chance de « grandir »."

"La reconnaissance de l’autre est le contraire de sa négation. Elle suppose d’accepter la présence de l’autre, tel qu’il est. Le salut, en début et fin de rencontre tai chi concrétise cette pensée. « Au lieu de reprocher à l’autre ce qu’il est, je l’accepte. Je trouverai, grâce à ce qu’il est, et le problème qu’il me pose, les ressources en moi pour évoluer. Je le reconnais comme partenaire, avec son niveau, et moi, avec le mien. Plus avancé, il m’éduquera. Moins avancé, il m’éduquera dans ma capacité à l’aider à progresser »."

"Nous craignons souvent en donnant un peu, d’être pris au piège infernal de l’Autre. Céder un peu à sa demande, c’est commencer à se renier, alors ne cédons rien. Ne donnons rien. Pas même notre écoute. En tui shu, nous découvrons que céder un peu à l’autre ou accepter d’accompagner son mouvement nous permet ensuite de nous mouvoir dans le respect de notre propre équilibre. Et ainsi trouver, dans les dynamiques présentes, celles avec lesquelles nous nous mouvrons, tous deux. Par exemple, il me saisit au poignet et me tire à lui. Au lieu de tirer dans l’autre sens, je cède un peu de ce bras que je laisse avancer en détendant l’épaule. Je descends mon centre dans mon talon. Vissée au sol, le mouvement repart dans l’autre sens, par exemple (comme dans « caresser l’encolure du cheval »). Mon équilibre rétabli, mon partenaire peut transformer à son tour mon mouvement.Nous craignons souvent en donnant un peu, d’être pris au piège infernal de l’Autre. Céder un peu à sa demande, c’est commencer à se renier, alors ne cédons rien. Ne donnons rien. Pas même notre écoute. En tui shu, nous découvrons que céder un peu à l’autre ou accepter d’accompagner son mouvement nous permet ensuite de nous mouvoir dans le respect de notre propre équilibre. Et ainsi trouver, dans les dynamiques présentes, celles avec lesquelles nous nous mouvrons, tous d'eux.

                                                      

                                                                                                                                                                                                                                                                                           

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mardi 10 juillet 2007

L'art du mouvement: approche par le dessin et le tai chi chuan

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"L'aiguille au fond de la mer" mouvement de l'enchaînement, ici le mouvement inscrit à l'encre de chine... Pour aller vers le bas le geste va d'abord vers le haut

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Spirales qui régissent le corps et l'espace plus qu'on pourrait le croire...

"Dans mon souvenir, le haka était un genre de danse un peu grotesque que font les joueurs de l'équipe néo-zélandaise avant le match. Du genre intimidation à la manière des grands singes.

Les joueurs néo-zélandais ont commencé leur haka. Parmi eux, il y avait un très grand joueur maori, un tout jeune. C'est lui que mon œil avait accroché dès le début, sans doute à cause de sa taille au départ mais ensuite à cause de sa manière de bouger.
Un genre de mouvement très curieux, très fluide mais surtout très concentré, je veux dire très concentré en lui-même. La plupart des gens, quand ils bougent, eh bien ils bougent en fonction de ce qu'il y a autour d'eux. Juste en ce moment, quand j'écris, il y a Constitution qui passe avec le ventre qui traîne par terre. Cette chatte n'a aucun projet construit dans la vie mais elle se dirige pourtant vers quelque chose, probablement un fauteuil. Et ça se voit dans sa façon de bouger : elle va vers. Maman vient de passer en direction de la porte d'entrée, elle sort faire des courses et en fait, elle est déjà dehors, son mouvement s'anticipe lui-même. Je ne sais pas très bien comment expli
quer ça mais quand nous nous déplaçons, nous sommes en quelque sorte déstructurés par ce mouvement vers : on est à la fois là et en même temps pas là parce qu'on est déjà en train d'aller ailleurs, si vous voyez ce que je veux dire. Pour arrêter de se déstructurer, il faut ne plus bouger du tout. Soit tu bouges et tu n'es plus entier, soit tu es entier et tu ne peux pas bouger. Mais ce joueur, déjà, quand je l'avais vu entrer sur le terrain, j'avais senti quelque chose de différent. L'impression de le voir bouger, oui, mais en restant là. Insensé, non ? Quand le haka a commencé, c'est surtout lui que j'ai regardé. C'était clair qu'il n'était pas comme les autres.
Tout le monde était hypnotisé par lui mais personne ne semblait vraiment sa
voir pourquoi. Pourtant, c'est devenu évident dans le haka : il bougeait, il faisait les mêmes gestes que les autres (se taper les paumes de mains sur les cuisses, marteler le sol en cadence, se toucher les coudes, le tout en regardant l'adversaire dans les yeux avec un air de guerrier énervé) mais, alors que les gestes des autres allaient vers leurs adversaires et fout le stade qui les regardait, les gestes de ce joueur restaient en lui-même, restaient concentrés sur lui, et ça lui donnait une présence, une intensité incroyables. Et du coup, le haka, qui est un chant guerrier, prenait toute sa force. Ce qui fait laforce du soldat, ce n'est pas l'énergie qu'il déploie à intimider l'autre en lui envoyant tout un tas de signaux, c'est la force qu'il est capable de concentrer en lui-même, en restant centré sur soi. Du coup, j'ai regardé le match avec attention en cherchant toujours la même chose : des moments compacts où un joueur devenait son propre mouvement sans avoir besoin de se fragmenter en  Le joueur maori, il devenait un arbre, un grand chêne indestructible avec des racines profondes, un rayonnement puissant, et tout le monde le sentait. Et pourtant, on avait la certitude que le grand chêne, il pouvait aussi voler, qu'il allait être aussi rapide que l'air, malgré ou grâce à ses grandes racines. Il était entiérement dans le mouvement et pas se dirigeant vers. Et j'en ai vu ! J'en ai vu dans toutes les phases de jeu : dans les mêlées, avec un point d'équilibre évident, un joueur qui trouvait ses racines, qui devenait une petite ancre solide qui donnait sa force au groupe ; dans les phases de déploiement, avec un joueur qui trouvait la bonne vitesse en arrêtant de penser au but, en se concentrant sur son propre mouvement t qui courait comme en état de grâce, le ballon collé au corps ; dans la transe des buteurs, qui se coupaient du reste du monde pour trouver le mouvement parfait du pied. Mais aucun n'arrivait à la perfection du grand joueur maori.
Les commentateurs  n'arrivaient pas à cacher qu'on avait vraiment vu quelque chose de beau : un joueur qui courait sans bouger en laissant tout le monde derrière lui. C'est les autres qui avaient l'air d'avoir des mouvements frénétiques et maladroits et qui pourtant étaient incapables de le rattraper.
Alors je me suis dit : ça y est, j'ai été capable de
repérer dans ce monde des mouvements immobiles."

"L'élègance du Hérisson" de Muriel Barbery
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Passage du livre que je suis en train de lire et qui fait complètement écho à ma pratique du Tai chi chuan qui est en soi l'art du mouvement...
Je ne saurais vous en parler beaucoup..
Le tai chi chuan, on ne  le découvre que dans une pratique.

A mes débuts ce que l'on pouvaient m'en dire me faisaient parfois sourire, je me disais: beaucoup de grands mots pour de simples mouvements, des mots faciles à dire et je ne vois rien !

Et pourtant... Petit à petit, je ressens, je perçois non pas la Grande Energie  juste celle toute simple de la vie qui nous traverse.
Et mon regard s'affine  je perçois une attitude juste, un geste relâché ou un autre qui s'exprime avec ses noeuds, blocage que je perçois plus facilement chez les autres que chez moi et que je ne percevais pas à mes commencements.

Je percevais surtout la grâce d'un mouvement et non pas sa justesse. Mon oeil s'est aiguisé et je devine un mouvement qui vient du centre ou non  où le corps est fluide ou désarticulé dans son mouvement même...

Je perçois un peu des spirales internes qui accompagnent tout mouvement... Pour un simple coup de poing par exemple, le geste ne part pas droit comme on pourrait le penser. Le mouvement naît d'une spirale qui part du centre et s'enroule autour de la colonne verticale; un mouvement vers l'avant prend sa racine vers l'arrière et revient vers l'avant dans un cercle interne; pour aller vers le haut il est nécessaire d'aller vers le bas de s'enraciner au sol relâcher les épaules que l'on tendance à remonter instinctivement; savoir vider ses hanches auxquelles on fait souvent tout porter alors qu'elles devraient se vider ou se remplir dans une parfaite souplesse... Trouver l'énergie du mouvement puisé dans l'enracinement du sol qui nous porte passe par le centre, se délie dans le corps  s'exprime par les mains  le tout dans un relâchement bien présent.
Un peu comme un chat qui se déplace [pas comme dans le texte cité!!]...

Voilà quelques exemples pour percevoir la subtilité d'un mouvement.  Lorsque peu à peu on le trouve, il devient si facile, si évident...

Tant de simplicité si difficile à saisir!!...

Je ne perçois pas toujours d'où vient le blocage ce qu'il manque, d'où naît le déséquilibre...
Mon prof a ce grand art de faire deux gestes apparemment identiques et pourtant dans l'un on sent un manque de relief et dans l'autre on trouve une très grande force et profondeur. Il nous fait également constaté  d'une manière étonnante son efficacité ou non.
Intraduisible d'une subtilité interne indescriptible que j'entrevois à peine, le mouvement me traverse  me vide et me remplit pourtant de sa force sereine. Le geste juste -et en est il un ?-  est difficile et long voir inatteignable...

Mon prof lors d'un stage de fin d'année disait aux plus débutants pour leur expliquer combien cet art était long est difficile: " Le tai chi chuan est un art ingrat on peut dire que dans dix ans Corinne qui a déjà un parcours tout à fait honorable, commencera à faire du tai chi  "...

Cela fait déjà 5 ans que je pratique et j'aurais préféré qu'il cite quelqu'un d'autre que moi. Pourquoi moi justement? Parce que j'avance  lentement  [mais sûrement] ? Parce que je suis un bon exemple dans la moyenne? Comme un compliment ?? Allez savoir! De toute façon ce parcours est le mien et c'est à moi de faire avec... 
Mais bon, je sais cet art difficile il faut y lire l'invisible dans le visible. Il faut sentir dans son corps les noeuds, chercher le chemin qui délie par un pratique continuelle et le prof qui pointe des chemins.

Ce stage m'a fait rencontrer un nouveau prof,  un autre regard une autre approche donc une autre compréhension et de surcroît une grande joie et vitalité...

Au final un temps de partage intense peut-être renforcé par une météo pas toujours propice, on a cependant toujours pu pratiquer dehors (cette année pas de dojo) mais qui nous a amené à être souvent ensemble...
Et
quand même aussi du soleil...




                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      

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jeudi 11 janvier 2007

Etre à l'écoute...

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                                      "Percevoir

                                              sans juger

                                              sans lutter

                                                          sans fuir..."

Cette phrase tirée du livre de Alain Gortais "Taiji quan"  dont j'ai déjà parlé précédement (19 déc 2006)

Si cette phrase parle du taichi chuan, elle pourrait aussi évoquer d'une manière d'être plus général  nos rapports aux autres et de l'accueil que l'on en fait...
Trouver ce juste espace des choses où l'on est présent sans tout permettre, être à l'écoute sans se laisser envahir et sans renoncer non plus...
C'est dans cette espace que se trouve certainement l'attitude juste d'une relation ou d'une quelconque action ...

Cela peut sembler si simple, si facile.Pourtant, si l'on regarde autour de soi ou que l'on se penche un peu sur soi-même, on s'aperçoit que c'est certainement  ce que nous avons le plus du mal a mettre en pratique...


C'est un art à pratiquer, je parle du taichi chuan mais je parle aussi de la vie.

Si la pratique du taichi chuan, n'est certes pas indispensable (bien que pour pour moi cela soit une manière de mieux vivre qui m'est devenu indispensable...), chacun cherche a vivre mieux par le chemin qui  est le sien.
Je mesure dans la pratique combien la route est longue, combien  ce n'est qu'à petits pas que l'on parvient à avancer, à délier un à un les noeuds qui nous entravent (pour peu que que nous ne les resserrions pas un peu plus dans notre combat contre nous-mêmes)...

Et si la route est longue, c'est dans son cheminement que l'on on trouve son sens...

[ Le taichi chuan est un enchaînement de mouvements comme un combat au ralenti face à un adversaire invisible., une des traduction est d'ailleurs  "boxe de l'ombre".
Chaque mouvement est réalisé dans une dynamique martiale qui peut-être testée dans un travail à deux.
Si le mouvement est juste et efficace, l’énergie que l’on appelle « chi » est canalisée et devient très puissante. La circulation de cette énergie a un bénéfice martial mais aussi pour le pratiquant lui-même.
Paradoxalement c’est dans la puissance de l’intention et du lâcher-prise que l’on découvre l’efficacité d’un mouvement et non pas dans la force musculaire (qui pourrait par ailleurs être renvoyée en retour contre soi-même.)]

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mardi 19 décembre 2006

Mouvement de vie: le taichi chuan

d'après " Le Taiji Quan" de Jean Gortais   Le Courrier du Livre

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Relié à la terre et au ciel, le Taiji est résonnance.

            Lorsque le pratiquant retrouve son centre, disent les Chinois, lorsque "le TAO agit par lui",
       
il devient le "pilier entre le ciel et la terre"        
        et participe consciemment aux
        "10 000 Transformations".

Le Tai ji quan  est mal connu et, aux yeux d'un novice, n'apparaît que la lenteur des gestes alors qu'il s'en dégage une vraie force. Cependant, le Tai ji quan est un art martial. Mais justement, qu'appelle-t-on un art martial [...]
Le terme d'art martial est le plus souvent une école enseignant à la fois une technique de combat et la connaissance et la maîtrise de soi. La recherche d'un meilleur contrôle de soi et de son environnement est primordiale.
Le Taijiquan est    souvent traduit "boxe avec l'ombre".
Il satisfait non seulement aux spécificités de l'art martial mais donne également une place très importante à l'énergie.
Pour cela, il s'appuit sur les bases de l'enchaînement, élément clé de la pratique permettant de consolider  son énergie, le "qi", afin de réguler sa respiration sur ses mouvements, de fortifier sa substance énergétique et musculaire et affiner sa sensibilité.
Cet art martial est ardu et très exigeait si on tend à la recherche de son vrai sens.
Bien sûr, l'apparent de douceur est bien une composante de la pratique mais elle ni vient qu'après des efforts intenses d'assimilation de la forme c'est l'aboutissement d'années d'entraînement.

Le "taij"i est le résultat de l'union entre les souffles yin et yang qui s'opposent et se complètent dans un mouvement d'équilibre dynamique.
Mais le "taiji" existe aussi en dehors de ce que l'œil humain est capable de voir et de comprendre. Le "taiji" représente les changements et le développement des phénomènes naturels, de la pousse des plantes à la rotation terrestre et des mouvements des galaxies.
Ces mutations ne sont pas immédiatement perceptibles par l'homme, c'est pourquoi on ne considère pas le "taiji" uniquement comme mouvement mais également immobilité dans le mouvement.
Et c'est à partir de cette notion imperceptible par l'esprit puisque inexistante, "vide"', qu'il faut appréhender la constance des mutations cycliques du cosmos et les mouvements de création, de développement, de changements qui interviennent dans la nature.
On n'est plus dans le domaine de la perception mais de la sensibilité, on passe de l'action concrète à un état.

L'homme ne doit pas agir mais ressentir, recevoir, rester humble et imiter ce calme de la nature afin de pouvoir se fondre en elle et la ressentir dans toute sa globalité.
L'homme doit devenir comme l'eau - source de la vie -, qui est l'entité la plus souple de la nature : "l'eau est sans forme, elle prend ses formes au hasard de ce qu'elle rencontre", elle prend la forme de son récipient, contourne les obstacles qui se dressent devant elle...

Le Taijiquan tire son nom du "taiji" principalement pour trois raisons : premièrement, au cours de l'enchaînement, il n'y a aucune coupure et les mouvements peuvent se faire dans un mouvement circulaire sans fin, chaque mouvement en amène un autre, ce n'est que les contraintes humaines qui obligent à placer une fin. Deuxièmement, le Taijiquan se divise en mouvements yin/yang, d'ouverture et de fermeture, d'inspiration et d'expiration, d'élévation et d'abaissement, de mobilité et d'immobilité, de vide et de plein, pour finalement former un tout se suffisant à lui-même. Troisièmement, la réalisation d'un enchaînement doit se faire dans un calme absolu de l'esprit qui s'efface pour laisser place aux mouvements.

L'impression de douceur est bien présente, et plus qu'une impression, elle est bien réelle,  la même que nous fait parvenir la nature, une espèce de sérénité et de plénitude vide (ou de vide plein) d'où émane une grande force. Cependant, il est très difficile d'arriver à ce niveau de pratique. En théorie, cela paraît extrêmement simple et à la portée du premier débutant. Mais il ne faut pas oublier que l'homme, le plus haut dans l'échelle animale, est loin d'avoir les capacités physiques et le "6"'"' sens" de l'animal.
Mais ce que l'homme peut développer avec son corps est d'une grande richesse tant intérieure que physique.

 Le Taijiquan vise à un niveau d'accomplissement de soi qui dépasse les autres arts martiaux chinois. Ce qui fait vraiment la difficulté de cet art est justement la recherche permanente des pratiquants vers un "taiji", rendant son étude aussi vaste que l'est l'univers. Et pour pouvoir construire son propre niveau, il faut d'abord beaucoup travailler sur les bases techniques. Mais cet art est semblable au taiji : c'est une évolution perpétuelle dont on ne trouve jamais la fin. Depuis l'Antiquité, les maîtres d'arts martiaux se sont succédés mais aucun n'est arrivé à en épuiser toutes ses ressources. Et pour arriver à un niveau qui permette au pratiquant de ressentir toutes les subtilités de cet art, il faudra au débutant des dizaines d'années d'entraînement et de perfectionnement.

Le Taijiquan est toutefois accessible à tous car les mouvements techniques eux-mêmes ne demandent pas de force physique ou de rapidité d'accomplissement.
De plus, cet art met en avant la tolérance face aux écarts de capacités physiques, Il ne faudra jamais se forcer à faire des mouvements qui sont hors de notre portée. L'important est le travail que nous faisons nous-mêmes sur l'énergie, son propre enracinement et sa souplesse relative.

D'après un article de Yvonne Ly  paru dans la revue Yi magazine juin 2005 (magazine interne de la fédération De taichi Chuan & Qi Qong)

Pour frapper à une porte sûre: http://www.toum.asso.fr/frametai.html

http://www.fed-taichichuan.asso.fr/interne/index.php?page=taichi#haut

 

Posté par ombretlumiere à 21:16 - Mouvements de vie: le tai chi chuan - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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