mercredi 23 janvier 2008
Il y a des moments où je renonce à tout

J'avoue je viens de loin et j'en reste éprouvé
Il y a des moments où je renonce à tout
sans raisons simplement parce que la fatigue
m'entraîne jusqu'au fond des brumes du passé
Et mon soleil cache et mon ombre s"étend
Vois-tu je ne suis pas tout à fait innocent
Et malgrè moi malgré colère et refus
Je représente un monde accablant corrompu
L'eau de mes jours n'a pas toujours changée
Je n'ai pas toujours pu me soustraire à la vase
Mes mains et mes pensées ont été obligées
Trop souvent de se refermer sur le hasard
Je me suis trop souvent laisser aller à vivre
Comme un miroir éteint faute de recevoir
suffisamment d'images et de passions
Pour accroître le poids de ma réflexion.
Paul Eluard Poésie ininterrompue
mardi 22 janvier 2008
Sous les apparences

Le vrai des choses grésille sous les apparences
Et puis l'âme est si loin tapie
on dirait même que des eaux secrètes en dedans
font notre silence.
Pierre Morency
jeudi 10 janvier 2008
Le jour se lève et si ça se trouve, c'est uniquement parce qu'on l'a espéré assez fort

Le jour se lève sur notre grisaille, sur les trottoirs de nos ruelles et sur nos tours
Le jour se lève sur notre envie de vous faire comprendre à tous que c'est à notre tour
D'assumer nos rêves, d'en récolter la sève pour les graver dans chaque mur de pierre
Le jour se lève et même si ça brûles les yeux, on ouvrira grand nos paupières
Il a fait nuit trop longtemps et avancer sans lumière nous a souvent fait tâtonner
Personne à pardonner, si on est là aujourd'hui c'est juste qu'on n' a pas abandonné
On a cherché la lueur de l'aube en sachant qu'elle avait la couleur de l'espoir
On s'est armé de nos stylos pour écrire nous-mêmes la suite de toute cette histoire
Le jour se lève, sort de sa grève, c'est grave à quel point la nuit a été agitée[...]
Le soleil éclaire notre papier qu'on avait gratté dans l'ombre pendant toute la nuit
La chaleur fait couler l'encre, nos mots quittent nos cahiers, nos voix sortent de l'ennui[...]
Finies la patience et la méfiance, on s'offre simplement avec l'écriture une renaissance
Le jour se lève et son glaive de lave nous lave des peines et douleurs du passé[...]
Le jour se lève et la joie se livre, la soif se lit sur nos lèvres, tu devrais nous suivre
Si notre heure est brève, nous allons quand même la vivre,[...]
Notre passion va nous nourrir et je vais retrouver le sourire dans le regard de tous les miens
Le jour se lève, on le doit peut-être qu'à nous et quand je dis ça, c'est pas juste une métaphore
Le jour se lève et si ça se trouve, c'est uniquement parce qu'on l'a espéré assez fort[...]
Le jour se lève sur notre envie de vous faire comprendre à tous que c'est à notre tour
Notre futur est incertain, c'est vrai que ces deux mots là vont toujours de paire
Mais notre jour s'est bien levé, dorénavant il sera difficile de nous faire taire.
lundi 7 janvier 2008
La mémoire du silence
" Il y a quelque chose en toi
d'une lumière apaisante
quelque chose
comme un trésor de silence
qui n'a pas de nom
j'ai moi-même pour mémoire
une infinité de jours et de nuits
j'ai pour mémoire le silence
mais le silence
-ce qu'il laisse entendre -
est-il un lien
un seuil
le lieu extrême de notre solitude
dans la poussière
toujours neuve
d'une parole habitée
nous avons tenté d'aller
comme le soleil
de l'autre côté de soi
nous avons lutté
pour conquérir notre être
trouver le Lieu
le meilleur des deux mondes
exprimer l'indicible
tel un arbre qui chante
il nous faut désormais œuvrer
à conquérir le néant ".
Amina Saïd La douleur des seuils

lundi 10 décembre 2007
Une voix au plus vrai de soi-même

Une voix un lieu
au plus vrai de toi même
une lueur qui prête l'oreille et qui t'appartient
davantage que toute parole
En elle tu comprends
la parution du soir et l'horizon
qui sur toi ferme ses ailes.
Cela ressemble à l'ivresse des arbres
qui respirent et qui mûrissent
gravement sans épuiser leur faim.
Lionel Ray
Dans le froid, la pluie de l 'hiver, des lieux, des paroles silencieuses où l'on demeure au chaud, à l'abri de tout...
dimanche 2 décembre 2007
Un miracle est derrière

Ne tourne pas la tête, un miracle est derrière
Qui guette et te voudrait de lui-même altéré:
Cette douceur pourrait outrepasser la Terre
Mais préfère être comme un rêve en arrêt.
Supervielle
Juste une résonance qui se pose là...
vendredi 26 octobre 2007
Couleur de lumière



Couleurs de lumière
forces incandescentes
braises secrètes
rassemblées
au centre
force de vie
où tout s'unifit
en silence
se délie
en renaissance
vendredi 12 octobre 2007
Un peu d'or dans la boue



Il y a cette brèche dans le temps:
l'amour dans le suspens des heures,
on y voit un jardin immobile comme si
autrefois et demain n'existaient plus
qu'un même instant
et nous ne connaissons d'autre lieu
que cette parole où s'unissent
l'arbre et la voix, l'enigme et l'horizon.
Il y a cette approche du matin
qui n'est pas encore jour
c'est le matin du temps l'envers
de l'âge cette vie cachée
sous la peau le chiffre exact de l'amour
ni danse ni brouillard la vie simplement
et son invisible fil sous les mots, la vie.
Lionel Ray
vendredi 14 septembre 2007
Recueillir le grain des heures
Etirer le gris jusqu'au bleu...


Saisir
Recueillir le grain des heures
Etreindre l'étincelle
ravir un paysage
Absorber l'hiver avec le rire
Dissoudre les noeuds du chagrin
S'imprégner d'un visage
Moissoner à voix basse
Flamber pour un mot tendre
Embrasser la ville et ses reflux
Ecouter l'océan en toutes choses
Entendre les sierras du silence
Transcrire la mémoire du miséricordieux
Relire un poème qui avive
Saisir chaque maillon d'amitié.
Andrée Chedid
mercredi 5 septembre 2007
Silencieuse
De peur que je n'apprenne à te connaître trop facilement,
tu joues avec moi.
Tu m'éblouis de tes éclats de rire pour cacher tes larmes.
Je connais tes artifices.
Jamais tu ne dis le mot que tu voudrais dire.
De peur que je ne t'apprécie pas, tu m'échappes de cent façons.
De peur que je te confonde avec la foule, tu te tiens seule à part.
Je connais tes artifices.
Jamais tu ne prends le chemin que tu voudrais prendre.
Tu demandes plus que les autres, c'est pourquoi tu es silencieuse.
Avec une folâtre insouciance, tu évites mes dons.
Je connais tes artifices.
Jamais tu ne prends ce que tu voudrais prendre.
Radindranath Tagore



