D'ombre et de lumiere

"Dis-moi Qu'as-tu choisi ? Qu'est-ce que tu veux garder ? Que veux-tu conserver dans la tirelire à temps dans ton léger trésor d'instants sauvés ?"

lundi 14 avril 2008

Territoires sauvages

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Résignation, tel est le mot de la grande défaite. La vie est un trajet long et fatigant. Comme un train de grande ligne qui doit, à l'occasion, traverser des régions en guerre et des territoires sauvages. Je veux dire que le chemin est semé d'embûches et le déraillement un accident assez banal. II y a mille façons de perdre le cap. Par exemple, on peut aller tout droit en enfer pendant quelques années.

D'autres, en revanche, ne sortent jamais des rails, ils se contentent de ralentir, roulent de plus en plus lentement, jusqu'à finir par s'arrêter complètement et faire du surplace, à moitié tués par la passivité et l'échec, le temps inclément faisant rouiller le fer-blanc et les idées.

Rosa Montero La fille du cannibale


Mais il y a aussi ces endroits qui ne vont nulle part.

Des endroits où l'on ne peut que s'arrêter.

Voie sans issue qui appelle le demi-tour, personne ne nous y attend et pourtant juste avant le demi-tour...

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mardi 8 avril 2008

Les extrémités de l'univers vivant : d'un côté, le mal ; de l'autre, la beauté.

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"En ces temps de misères omniprésentes, de violences aveugles, de catastrophes naturelles ou écologiques, parler de la beauté pourra paraître incongru, inconvenant, voire provocateur. Presque un scandale. Mais en raison de cela même, on voit qu'à l'opposé du mal, la beauté se situe bien à l'autre bout d'une réalité à laquelle nous avons à faire face. Je suis persuadé que nous avons pour tâche urgente, et permanente, de dévisager ces deux mystères qui constituent les extrémités de l'univers vivant : d'un côté, le mal ; de l'autre, la beauté.

Le mal, on sait ce que c'est, surtout celui que l'homme inflige à l'homme. Du fait de son intelligence et de sa liberté, quand il s'enfonce dans la haine et la cruauté, il peut creuser des abîmes pour ainsi dire sans fond. Il y a là un mystère qui hante notre conscience, y causant une blessure apparemment inguérissable. La beauté, on sait aussi ce que c'est. Pour peu qu'on y songe cependant, on ne manque pas d'être frappé d'étonnement : l'univers n'est pas obligé d'être beau, et pourtant il est beau. À la lumière de cette constatation, la beauté du monde, en dépit des calamités, nous apparaît également comme une énigme.
Que signifie l'existence de la beauté pour notre propre existence ? Et en face du mal, que signifie la phrase de Dostoïevski : « La beauté sauvera le monde » ? Le mal, la beauté, ce sont là les deux défis que nous devons relever. Ne nous échappe pas le fait que mal et beauté ne se situent pas seulement aux antipodes : ils sont parfois imbriqués. Car il n'est pas jusqu'à la beauté même que le mal ne puisse tourner en instrument de tromperie, de domination ou de mort. Une beauté qui ne serait pas fondée sur le bien est-elle encore « belle » ? Intuitivement, nous savons que distinguer la vraie beauté de la fausse fait partie de notre tâche. Ce qui est en jeu n'est rien de moins que la vérité de la destinée humaine, une destinée qui implique les données fondamentales de notre liberté."

Cinq méditations sur la beauté  François Cheng

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dimanche 30 mars 2008

Nous ne sommes que des mots

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Nous ne sommes que des mots, des mots qui résonnent dans l'éther.
Mots murmurés, criés, crachés, mots répétés des millions de fois ou mots à peine formulés par des bouches hésitantes.
Moi, je crois aux mots. Tous les mots que nous, les humains, avons dits depuis le commencement des temps y tournent en tond, suspendus dans le magma de l'univers. L'éternité est ainsi : un fracas inaudible de mots. Et peut-être que les rêves ne sont, eux aussi, que les mots des morts qui entrent dans nos têtes quand nous dormons et y forment des images. Je suis sûre que tous les sons tournent autour de nous en faisant des tourbillons:'le cri Terre par lequel Rodrigo de Triana salua les côtes amé­ricaines lors du premier voyage de Colomb, le moribond Toi aussi, Brutus par lequel César exprima sa douleur devant ses assassins, la très douce berceuse que ma mère chantait à mon chevet. Je ne me souviens pas de la chan­son, maïs je suis persuadée qu'elle est encore près de moi, ce qui me console. Parfois, il me semble sentir passer les mots de ma mère, comme une brise très légère qui caresse mon front ; et j'ai toujours l'espoir d'attraper ces mots en pleine nuit et de les revivre comme s'ils étaient neufs au sein de mon rêve.

Rosa Montero La fille du cannibale


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vendredi 14 mars 2008

L'harmonie interne des choses

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extrait de "La fille du cannibale" de Rosa Montero

"Même aux confins de l'être, la beauté existe. II est des moments où être vieux est triste et, parfois, insupportable. À ces moments-là, votre tête s'emplît de la nostalgie de tout ce qui a été perdu et la mélancolie du jamais plus vous étouffe. Je ne serai plus jamais maître de mon corps comme je l'étais jadis, jamais plus la douceur des nuits de ma jeunesse, jamais plus l'espoir en l'avenir et en la puissance. Quand on est vieux tout ce que l'on est, on l'a déjà été.

Pourtant, la vieillesse n'est pas un lieu aussi désolé. Il y a dans l'âge lui-même quelque chose qui vous protège, quelque chose qui compense: une certaine acceptation, une certaine intelligence. Par exemple, quand on parvient à vivre aussi longtemps que moi, on commence à comprendre un peu mieux la mort. Nous croyons que la mort est un ennemi extérieur à nous, un étranger qui nous guette et cherche à nous envahir à maintes et maintes reprises par le biais des maladies. Mais non. En réalité, nous ne mourons pas à cause de quelque chose qui est extérieur et étranger, mais de notre propre mort. Nous la portons en nous depuis notre naissance et elle est quelque chose de proche et de quotidien, d'aussi naturel que la vie. Ce que je suis en train de dire est la chose la plus évidente du monde, cependant notre cerveau rechigne à l'accepter.

Quand on parvient à vivre aussi longtemps que moi, on commence enfin à pressentir que, au sein du désordre du monde, il y a un certain ordre. Peut-être est-ce la consé­quence de mes besoins, une défense contre la désolation et l'absurdité, mais il est sûr et certain qu'il me paraît chaque jour plus évident que l'harmonie existe. Que, au-dessus du tumulte des petites choses, il y a une sérénité universelle, sublime. Si universelle et si sublime qu'elle n'est sûrement pas d'un très grand secours quand l'horreur s'abat sur notre petitesse, sur l'ici et maintenant. Mais il arrive que la conscience trouve une consolation dans cette perception globale de l'équilibre, l'intuition que tout est, d'une manière ou d'une autre, lié.

L'harmonie interne des choses. C'est ce que j'ai essayé d'expliquer: que dans ce que nous sommes, même si cela peut paraitre ridicule et utopique, intervient aussi le Bien comme une modalité indispensable. II est sûr et certain que, de tous temps, [le mal] a eu l'air de gagner; mais si nous faisons un effort pour voir la trajectoire de l'humanité dans son ensemble, on peut aisément remarquer qu'il y a une tension constante entre ce qui est vital et ce qui est morti­fère, entre la volonté de comprendre et celle de commettre des déprédations. L'histoire s'est construite sur ce combat, et l'on pourrait dire que, malgré tout, la raison et l'intelli­gence sont en train de vaincre. Aujourd'hui, par exemple, l'esclavage est un concept abominable dans le monde entier, même si continuent à exister des esclaves clandestins et sont apparus d'autres types d'esclavage. Mais le concept en soi a été terrassé dans la conscience sociale. Peu de chose en apparence, mais c'est une avancée: parce que cet accord commun, ces mots publics librement acceptés par les diverses parties sont le fondement de la civilisation. Et je t'ai déjà dit que pour nous, le mot est tout. 

Laisse-moi te parler des pingouins. Quand les petits des pingouins sortent de leurs œufs, leurs parents doivent les laisser seuls pour aller chercher de la nourriture en mer. Ce qui pose un grave problème, parce que les petits pingouins sont recouverts d'un duvet si léger qu'il ne suffirait pas à les maintenir en vie dans les températures extrêmement froides du pôle Sud. Alors les petits pingouins restent regroupés sur leurs îlots de glace, des milliers de pingouins qui viennent de naître serrés les uns contre les autres pour se tenir chaud. Mais pour que ceux qui se trouvent à l'extérieur du groupe ne gèlent pas, les petits pingouins tournent sans arrêt si bien qu'aucun n'est exposé aux intempéries plus de quelques secondes. Si cette ingé­nieuse ruse collective avait été mise au point par des hommes et des femmes, elle aurait été perçue comme une démonstration de la solidarité humaine; mais les petits des pingouins, contrairement à nous, ne comprennent pas les mots, et s'ils se protègent entre eux, c'est parce qu'ils ont ainsi plus de chances de survivre : c'est une générosité dictée par la mémoire génétique, par la sagesse brute des cellules. Ce que je veux te dire à travers cet exemple,  c'est que ce que nous appelons le Bien est déjà présent au cœur même des choses, chez les animaux irrationnels, dans la matière aveugle. Le monde n'est pas seulement fureur, violence et chaos, mais il est aussi ces pingouins ordonnés et fraternels. Il n'y a pas à avoir si peur de la réalité, parce qu'elle n'est pas que terrible, elle est belle aussi."







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jeudi 21 février 2008

Fugitive durée

 

 



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Non, la durée était un sentiment
le plus fugitif de tous,
plus rapide souvent qu'un instant
imprévisible, ingouvernable, insaisissable, immensurable.
[...]


La durée est en rapport avec les années
avec les décennies, avec le temps de notre vie ;
la durée est sentiment de vie.
[...]


Or, la durée, c'est l'aventure de l'année qui passe,
l'aventure du fait quotidien
mais elle n'est pas une aventure de l'oisiveté
ni l'aventure d'un temps libre (si actif soit-il).
[...]


Le poème de la durée est un poème d’amour.
Il parle d’un amour au premier regard
suivi d’innombrables premiers regards.
Et cet amour n’a sa durée dans aucun acte,
bien plutôt dans l’avant et l’après
où par cet autre sens du temps que donne l’amour,
l’avant est l’après
et l’après l’avant
.[...]


Le sursaut de la durée
entoure en lui-même déjà un poème,
il donne une mesure muette,
qui ajoute et libère
et fait battre dans mes veines le pouls d'une épopée
où le bien finira par vaincre.


Avec la main de la durée qui se pose
la blessure se ferme
et je la sens seulement
Quand elle se ferme.


Le choix de la durée, c'est ce
qui m'a manqué.
Celui qui n'apprit jamais la durée
n'a pas vécu.
 


La durée ne déplace pas,
elle me replace.
 


Poème à la durée  Peter Handke

 

 

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mercredi 6 février 2008

Matin immobile


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Du moment que je vis  le matin lumineux et fier se lever et briller, quelque chose  se tut dans mon âme  et se mit à l'écoute ...

David Herbert Lawrence   "L'Ouest Américain"


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lundi 4 février 2008

Oiseau libre

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Demain s'offre
Puis se retire
dans les citernes du doute.

La vie se blesse à trop de pièges,
Sombre en trop d'abîmes singuliers.

Mais par delà les écrans,
D'une seule haleine,
tu renaîtras Oiseau irrécusable.

Dussions nous t'inventer!

Anrée Chedid

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mercredi 30 janvier 2008

Fraction d'éternité

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Alors, l'Ancien Japon s'en mêle. D'un des appartements descend une mélodie, clairement et joyeusement distincte. Quelqu'un joue au piano une pièce classique. Ah, douce heure impromptue déchirant le voile de la mélancolie... En une fraction d'éternité, tout change et se transfigure. Un morceau de musique échappé d'une pièce inconnue, un peu de perfection dans le flux des choses humaines — je penche doucement la tête, je songe au camélia sur la mousse du temple, à une tasse de thé tandis que le vent, au-dehors, caresse les frondaisons, la vie qui s'enfuit se fige en un joyau sans lendemain ni projets, le destin des hommes, sauvé de la pâle succession des jours, s'auréole enfin de lumière et, dépassant le temps, embrase mon cœur quiet.


Muriel Barbery L'élégance du hérisson

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lundi 28 janvier 2008

J'écrivais. Comme si je fauchais, seule, sans un instant de répit, l'herbe d'un immense pré.

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"Cela fait longtemps que je n'ai rien écrit, et Je ne suis pas très sûre que je serai capable de m'exprimer comme je le voudrais. Mais je n'en ai jamais été sûre, de toute façon. J'écrivais simplement parce que je sentais que je devais le faire. Pourquoi .? La réponse est évidente : parce que si je désire réfléchir à quelque chose, je dois d'abord le mettre sous forme de phrases.

Enfant, je procédais déjà ainsi. Lorsque j'avais un problème de compréhension, je ramassais les mots éparpillés à mes pieds, et je les arrangeais pour construire des phrases. Quand ça ne marchait pas, je les dispersais à nouveau puis les disposais d'une manière différente. À force de le faire, je suis devenue capable de réfléchir comme la plupart des gens. Je gribouillais des phrase. Et je réfléchissais.
On m'objectera sans doute que cette méthode est plutôt longue pour aboutir à une conclusion. 
Chaque fois que je souhaitais approfondir une  question, j'étais obligée de passer par le stade de l' ecrit. Ou peut-être qu'on ne m'objectera rien du tout; mais quoiqu'il en soit  c'est un fait, ce processus me prenait du temps.
J'avais appris, un certain point, à m'adapter au monde environnant. Ce décalage, cependant, existait toujours  tel un serpent silencieux dissimulé dans l'herbe.

Toujours est-il que voici ma thèse :

À travers l'écriture, je renouvelle quotidiennement l'affirmation de mon existence.

N'est-ce pas ?
Mais oui, exactement !

J'écrivais. Comme si je fauchais, seule, sans un instant de répit, l'herbe d'un immense pré. Un jour ici, le lendemain là. Mais j'avais à peine achevé le tour du champ et fauché toute l'herbe qu'elle y avait déjà poussé aussi haut qu'avant.

Désormais, l'herbe avait beau pousser plus haut chaque jour, je m'en moquais éperdument. Allongée dessus, je regardais passer les nuages blancs. Et je leur confiais mon destin. Je laissais mon cœur suivre le parfum de l'herbe fraîche, la brise légère. Ce que je savais, ce que j'ignorais, m'était devenu complètement indifférent."

Les amants du Spoutnik  Haruki Murakami

Resonance des mots.
Les mots se posent, se mélangent  et se disposent autrement pour tenter d'exprimer une pensée...

Ce week-end en lisant ces mots de Haruki Murakami, je suis étonnée de tant de résonance.
Je parlais dans mon dernier billet, d'herbes mélées, de pensée, de confusion...
Et voilà que les mots s'offrent à moi, comme pour me révéler quelque chose en silence, s'alignent se frayent un passage sans que j'ai besoin de les écrire...
C'est aussi cela la magie de la lecture.
La lecture serait cette forme d'écriture en négatif - comme une pellicule photo je veux dire-.
Il y a révélation.

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dimanche 20 janvier 2008

Je répétais, douceur

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A quoi vas-tu bien pouvoir t'accrocher?
J'ai cherché, cherché de l'aide dans mon cerveau désert. Un petit mot m'est apparu, le dernier qui me restait, blotti dans un coin, deux syllabes minuscules, tout aussi terrorisées que moi.
«Douceur.»

J'ai hurlé: Choisis un mot, celui que tu préfères!
Dans le vacarme, il n'a sûrement pas entendu.
Avait-il, comme moi, voulu choisir un mot et lequel ? Je ne le lui ai jamais demandé.
Nos mots préférés sont des affaires intimes, comme la couleur de notre sang.

Lentement, ô comme la lenteur est angoissante,lentement je me suis sentie tomber, douceur, je répétais, douceur, il me semblait qu’è force de le dire le mot gonflait, comme le cou de certains oiseaux amoureux, je l’avais entouré de mes bras, douceur, ma bouée.

Et puis les lumières noires se sont éteintes et un à un tous les bruits. Plus rien.

La grammaire est une chanson douce Erik Orsenna

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Long Nights

Have no fear
For when I'm alone
I'll be better off than I was before

I've got this light
I'll be around to grow
Who I was before
I cannot recall

Long nights allow me to feel...
I'm falling...I am falling
The lights go out
Let me feel
I'm falling
I am falling safely to the ground
Ah...

I'll take this soul that's inside me now
Like a brand new friend
I'll forever know

I've got this light
And the will to show
I will always be better than before

Long nights allow me to feel...
I'm falling...I am falling
The lights go out
Let me feel
I'm falling
I am falling safely to the ground


free music

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