Merci à Isabelle qui me rappelle à tous mes manquements sur ces pages et m'incite (m'invite) par là-même à y revenir...

J'espère enfin avoir pris un rythme de croisiere:  celui de saisir le temps, de saisir l'instant dans la lumiere du moment et entre les lignes de la vie...

Ch

 

Donc, sans fin, des textes naissent. Et l'on rêvera encore d'écrire comme l'on peint, d'écrire comme on dessine, sachant tout l'enfantin qui persiste même dans la plus savante des peintures.  Ne serait-ce que cette audace enfantine de se lancer, de sauter sans pudeur dans la couleur de ce qui vient, de ce qui passe.

D'ailleurs, les enfants ne sont « enfantins » que parce que leur présence faite de peau duveteuse, de voix aiguë, recèle et révèle, les premières années, une sorte de « principe de naissance ». Ils sont nés il y a si peu ! On dirait que cette naissance continue d'avoir lieu dans la primeur de leurs gestes. Cette naissance est encore visible quand ils racontent le monde tel qu'ils le découvrent, tel qu'ils le souffrent, nous vouant à recueillir sans bien comprendre les gouttes de leur étonnement ou de leur malheur.

Enfance faite d'essais, de flottements, de tentatives cruelles.

L'enfant peut dire tous les mots qu'il ignore : dans sa bouche, ils prennent sens, un autre sens qui nous déroute. Des choses naissent sous ses doigts, pirogues de bambous, chevaliers en papier de chocolat, visages touillés avec le doigt dans la flaque rouge du sirop renversé sur la toile cirée, parachutes de coquelicots...

...

L'écriture ne consiste qu'à révéler de tels surgissements modestes, qu'à assister, vaille que vaille, au commencement perpétuel.

Ecrire, somme toute, ne requiert ni pages ni encre. Voir naître, faire naître, voir s'éloigner, voir disparaître, et de toute façon... perdre.

Coe La pluie avant qu'elle tombe

 

Ch