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Je collectionnais les pierres qui étaient tout à fait différentes de celles que l'on trouvait à la maison. Chez nous, il y avait surtout des galets arrondis et lisses tandis qu'ici les pierres ressemblaient à du verre. Si on les jetait sur le sol dur, elles éclataient et les morceaux étaient coupants comme des lames. Mira les appelait "pierre de feu". Elles étaient en majorité brun clair, gris-brun ou noires, rarement blanches. les galets du Rhin que nous avion chez nous ne se cassaient pas. A une époque, je brisais de nombreuses pierres parce que j'escomptais trouver des cristaux. Je savais reconnaître cette sorte de pierre, plus elles étaient rugueuses et d'apparence banale, plus elles étaient scintillantes à l'intérieur. Je les trouvais le plus souvent entre les traverses de l'ancienne voie ferré dans le bois, à proximité de notre maison. C'était leur forme qui me suggérait qu'elles contenaient des cristaux, cela transparaissaient en surface. C'étaient comme des fenêtres par lesquelles on pouvait voir dedans. Mon père m'offrit une scie à pierre et je passais des heures à la cave à les scier. la scie émettait un bruit horrible qui faisait mal aux oreilles. je contemplais avidement les cavernes scintillantes. J'éprouvais un sentiment de triomphe et de fierté lorsque j'avais raison de supposer que la pierre contenait quelque chose, mais en même temps, j'avais l'impression de transgresser un interdit, de percer un secret au prix d'une effraction. cependant, j'étais aussi soulagée de constater que les pierres brunes n'étaient pas seulement des pierres, mais des grottes cristallines qui abritaient des fées et de petites créatures magiques.

Le goût des pépins de pommes  de Katarina Hagena