samedi 27 juin 2009
De fil en aiguille...

Frasquita observait la dentellière- ainsi nommait-elle l'araignée qui avait élu domicile dans sa chambre- en se demandant si elle même serait un jour capable de secréter sa propre toile.
"La beauté vient de ces espaces vides délimtés par les fils! Révéler, cacher. désaippaissir le monde. ce qui est somptueux, c'est de voir au travers! La transparence... La finesse de la toile voile et encadre un morceau d'univers et se faisant le révèle... Exposer la beauté d'un être en le couvrant de dentelle...."
Elle sentit tout ce qu'il fautdrait encore comprendre et maitriser: la couleur, le blanc, les tissus, la transparence. du temps passa...
Le coeur cousu Carole Martinez
une couseuse ...
(euh!.. enfin, à ses heures... )
...parmi d'autres...
mercredi 24 juin 2009
La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie...

La grandeur de l'art véritable, au contraire de celui que M. de Norpois eût appelé un jeu de dilettante, c'était de retrouver, de ressaisir, de nous faire connaître cette réalité loin de laquelle nous vivons, de laquelle nous nous écartons de plus en plus au fur et à mesure que prend plus d'épaisseur et d'imperméabilité la connaissance conventionnelle que nous lui substituons, cette réalité que nous risquerions fort de mourir sans avoir connue, et qui est tout simplement notre vie.
La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature. Cette vie qui en un sens, habite à chaque instant chez tous les hommes aussi bien que chez l'artiste. Mais ils ne la voient pas parce qu'ils ne cherchent pas à l'éclaircir. Et ainsi leur passé est encombré d'innombrables clichés qui restent inutiles parce que l'intelligence ne les a pas «développés». Notre vie ; et aussi la vie des autres car le pour l'écrivain aussi bien que la couleur pour le peintre est une question non de technique, mais de vision. Il est la révélation, qui serait impossible par des moyens directs et conscients de la différence qualitative qu'il y a dans la façon dont nous apparaît le monde, différence qui, s'il n'y avait pas l'art, resterait le secret éternel de chacun. Par l'art seulement nous pouvons sortir de nous, savoir ce que voit un autre de cet univers qui n'est pas le même que le nôtre et dont les paysages nous seraient restés aussi inconnus que ceux qu'il peut y avoir dans la lune. Grâce à l'art, au lieu de voir un seul monde, le nôtre, nous le voyons se multiplier et autant qu'il y a d'artistes originaux, autant nous avons de mondes à notre disposition, plus différents les uns des autres que ceux qui roulent dans l'infini, et bien des siècles après qu'est éteint le foyer dont il émanait, qu'il s'appelât Rembrandt ou Ver Meer, nous envoient encore leur rayon spécial.
Proust Le Temps Retrouvé
...Grâce à l'art, au lieu de voir un seul monde, le nôtre, nous le voyons se multiplier...

mardi 23 juin 2009
la liseuse
"Dans certains cas, les histoires peuvent nous venir en aide. Elles peuvent parfois nous guérir, nous illuminer et nous montrer le chemin.Et surtout elles peuvent nous rappeler notre condition, percer l'apparence superficielle des choses et susciter en nous l'intuition des courants et des profondeurs sous-jacents."
Albert Manguel La cité des mots

dimanche 21 juin 2009
Une lueur bleue d'espoir

un sms?...
jeudi 18 juin 2009
Plus léger que la lumière

l'amour
qui insaisissable, s'envole
invisible
Pour ce qui a été donné
pour ce que le vent reprend
et pour la lumière
que rien ne peut
elle
reprendre
~
dimanche 14 juin 2009
La lumière du silence



" Là et seulement là, le silence est mouvement pour moi. Il est l'allié de la lumière, du sillage de la terre, de l'eau qui partout sourd et ruisselle. De là où je me suis assis, je n'ai que l'écoute de ma terre rendue à elle-même. Je n'ai que l'écoute de moi-même. Toutes pensées intérieures étendues devant mes yeux. Elles se déploient, enfin. Elles sont là, en contrebas de mes pas. Elles jouent au soleil, prennent la caresse de l'ombre, soudain visibles. Joies, peines, mélancolie de l'enfance, désirs en suspend, mémoire incertaine, hasardeuse, se jouent du temps dans le silence, ici.
Je cherche le bruissement et les murmures, les failles incertaines, un peu voilées, ce qui chemine dans le long mouvement du silence ici révélé."
René Mac Hugh Inverness, frontière invisible

vendredi 12 juin 2009
Légères et passagères


Rien n'est précaire comme vivre
Rien comme être n'est passager
C'est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger
J'arrive où je suis étranger
Louis Aragon


Comme je ne parviens pas à éditer ce titre correctement sur jiwa il vous reste la possibilité de l'ouvrir dans une autre fenêtre avec un clic droit et de revenir par ici:
(Et si quelqu'un a une solution pour que ça marche correctement je suis preneuse!
Parce avec moi, là, le player ne fonctionne pas...)
mardi 9 juin 2009
Profondeurs incertaines

"Y a t-il un mystère sous la surface de l'activité humaine? Ou tous les hommes sont ils entièrement tels que le révèlent leurs actions accomplies en plein jour?
C'est étrange au plus haut point mais la réponse change en moi avec la lumière qui tomber sur la ville et le Tage. Si c'est la lumière magique d'une scintillante journée d'aout qui projette des ombres nettes, aux arêtes vives, alors l'idée d'une profondeur humaine cachée m'apparait singulière, fantasme curieux, un peu touchant aussi,semblable au au mirage qui se forme quand je regarde trop longtemps les vagues qui étincellent dans cette lumière. Si au contraire la ville et le fleuve, en un triste jour de janvier sont coiffés par une coupole de lumière sans ombre et de gris ennuyeux, alors je ne connais pas la certitude qui pourrait être plus grande que celle-ci: toute activité humaine n'est que l'expression hautement imparfaite et même ridiculement maladroite d'une vie intérieure cachée, à la profondeur insoupçonnée qui tend vers la surface sans pouvoir jamais l'atteindre fût-ce même de très loin.
Et cette étrange et inquiétante instabilité de mon jugement, s'ajoute encore à une expérience qui, depuis que je l'ai vécu ne cesse de plonger ma vie dans une troublante incertitude: à propos de cette question au-dessus de laquelle il ne peut rien y avoir de plus important pour nous autres hommes, je chancelle justement quand il s'agit de moi-même. Lorsqu'en effet je suis assis à la terrasse de mon café préféré, que je me chauffe au soleil et que je guette le rire en claire clochette des Senhoras qui passent, alors il me semble que tout mon univers intérieur est rempli jusque dans le coin le plus reculé et qu'il est entièrement connu de moi, parce qu'il s'épuise dans ces agréables sensations. Pourtant, si une couverture de nuages vient désenchanter, dégriser le monde en se glissant devant le soleil, d'un seul coup je suis sûr qu'il y a en moi des abimes et des bas fonds d'où des choses encore insoupçonnées pourraient surgir et m'entrainer avec elles. A lors je paie vite et je me cherche en hâte une distraction, dans l'espoir que le soleil reviendra bientôt et aidera l'apaisante superficialité à rentrer dans ses droits."
Pascal Mercier Train de nuit pour Lisbonne

Je vous invite instamment à écouter ce merveilleux chanteur et musicien dont la musique plonge dans un univers profond et vibrant...
Tout simplement envoutant...
..."Des compositions aussi sublimes que mélancoliques, empreintes de musique slave, grecque, et d'ailleurs, parfois ponctués de guitares hispanisantes (la guitare étant désormais l'instrument de prédilection, omniprésente bien que souvent conjuguée à la langueur du violoncelle). Musique habitée et très personnelle qui témoigne d’un talent unique où se succèdent des mélodies poignantes entre ballade et folk, folie et raison, révolte et désespoir. En totale empathie avec le monde qui l’entoure, constat sans appel où l’on sent hourder la sensibilité révoltée qui caractérise tant Matt Elliott."...
dimanche 7 juin 2009
Sons de cloches



Sons de cloches
portés par le vent
plus légers que l'air,
emportés au loin
touchent l'horizon
et deviennent lumière...
lundi 1 juin 2009
Chaque vie est un crible, chacun de nous un chercheur d’or.


"Chaque vie est un crible, chacun de nous un chercheur d’or."
"Penser, c’est témoigner d’une présence. C’est un acte sauvage. Penser, c’est dire le monde à travers soi, comme on est seul à pouvoir le dire, comme le trahissent forcément ceux qui déclarent qu’ils le voient comme vous. Penser, c’est accomplir par ses chemins propres cet itinéraire de solitude au bout duquel on rencontre tout le monde."
"Faire changer le monde, ce n’est pas le commenter, c’est changer soi-même de posture vis-à-vis de lui."
"Une manière d’être se cherche
dont tout le monde a le pressentiment
et que personne ne parvient à trouver ni à nommer."
"Tisser et retisser l’étoffe de sa vie, avec le tissu qu’on a, les moyens qu’on a, le talent qu’on a : quoi de plus modeste, de plus silencieux, de plus libre ? Mais le fil de ce tissu conduit aux autres et, de proche en proche, tisse et retisse le monde ; quoi de plus large, de plus ambitieux, de plus nécessaire ? "
Jean Sur 68 Forever









