jeudi 29 janvier 2009
L'oreille en colimaçon
arabeSqueS de sonS
SpiraleS envoutanteS
échoS de l'âme

mardi 27 janvier 2009
L'ame est un paysage

jeudi 22 janvier 2009
les iles du silence

mots figés
dans la nuit
indicibles cristaux
imprononçables
si jamais
ils s'échappent
de leur écrin de glace
surtout,surtout
ne touche pas des lèvres
leur obscure clarté
alors enfin
ils glissent
se précipitent
se mêlent
s'entremêlent
dans leur sillage
entrainent
d'autres encore
qui se taisent
sur la glace
un passage
se trace
qui submerge
les rives
des rêves endormis
parfois
des iles
imprévisibles
terres inconnues
émergent
longtemps
bien
longtemps
après
lundi 19 janvier 2009
Lire entre les lignes

...les dissonances, les harmonies...
samedi 17 janvier 2009
Hors cadre

Il est vrai qu'il y a un confort à la fois intellectuel et affectif à se trouver « dans la norme ». Tous ensemble, bien au chaud grâce à la sympathie que chacun éprouve pour ses semblables, on peut considérer la vie d'un regard indulgent et apaisé. L'angoisse, propre à chaque être humain, se dilue un peu au sein d'un groupe chaleureux. Celui qui préfère se tenir à l'écart risque, en effet, de ressentir les assauts de cette angoisse décuplés par sa solitude : il n'a personne pour l'aider à supporter cette vague étouffante,
Les tentatives pour sortir de ce refuge-là, finalement peu hospitalier, même s'il est sûr, se soldent souvent par des échecs : on risque au mieux l'incompréhension, au pire les moqueries, et surtout on risque gros, parce que l'image de soi va être encore un peu plus entamée, et cette image intériorisée, c'est tout ce qui reste après ces plongées angoissantes dans un univers qui ne comprend pas les étincelles de la pensée, les idées folles.
Cioran
"L'essentiel de l'individu est l'image qu'il a de lui-même, et cette image a subi bien des avatars depuis le jour où le petit enfant a commencé à prendre conscience qu'il existait comme un tout bien défini.
avec des trous d'ombre, des manques, des vides
ce vide n'a pas de nom, pas d'existence peut-être, puisque c'est un vide
une indicible désolation impossible à exprimer:
il y a des moments où les mots, tous les mots, même les plus précis, deviennent réducteurs. Comment raconter cette impression d'être "à côté" ou même "en dehors" ?"
mardi 13 janvier 2009
Chaud ou froid?

et ...avec ou sans sucre ?


lundi 12 janvier 2009
Lire les yeux jusqu'à lire le ciel et que tout devienne bleu dans le ciel

Si nos yeux ne font pas de bruit c'est pour que nous puissions entendre tout ce que nous voyons et c'est que la vision du monde émet toujours des sons et que sans la vue nous serions dans le silence total et nous lisons et nous entendons les mots sous nos yeux et si nous ne pouvons pas lire avec les mains c'est que les mains font trop de bruit pour que nous puissions entendre les mots sous nos doigts et la vue laisse entendre toute chose mais le toucher étouffe toute voix le champ de vue n'est qu'une paume transparente contre laquelle tout vient résonner c'est pourquoi l'écriture n'est pas touchable et qu'elle ne peut être que visible et que si l'on pose la main on n'entend plus rien et si l'écriture n'est pas en relief c'est parce qu'elle n'est qu'une couleur et ce qu'on écrit s'écrit avant tout avec les yeux et ne se touche pas sans disparaître sous les doigts et l'écriture ne tient qu'à nos yeux il faut la lire et qu'on l'entende et la faire échapper de sous nos yeux et la projeter sous nos oreilles afin que l'on puisse encore la saisir les yeux fermés et qu'elle naisse même dans la nuit et après avoir modelé une boule il faut la toucher jusqu'à pouvoir écouter son volume comme après avoir écrit un texte il faut le lire et que sa lecture soit entendue comme un espace à palper et si l'on ne pouvait plus toucher on ne pourrait plus parler parce que nous serions trop loin des uns les autres comme si la voix était née de nos corps qui peuvent s'accoupler et que si nous volions nous serions muets et que si nous ne pouvions plus que nous toucher aussi comme si la voix était seulement née d'une distance qui est celle de la vue et que la langue était dans les yeux et que sans eux nous n'aurions plus rien à dire et il faut lire les livres tout haut jusqu'à ce que notre voix en rende chaque mot palpable lire jusqu'à donner une véritable épaisseur au texte un poids au livre faire entendre ce qu'on lit ce que l'on voit que les mots deviennent matière jusqu'à pouvoir les mâcher puis les cracher dans l'espace et lire et prendre les mots par le bout et les trouer et souffler eu eux jusqu'à les gonfler en des volumes démesurés et qu'ils envahissent le vide jusqu'à éclater et il faut lire jusqu'à pouvoir continuer les yeux fermés car la voix c'est ce qui fait exister le livre même dans l'obscurité et l'entendre c'est le faire naître au delà des yeux c'est le rendre touchable et que la nuit ne puisse plus l'effacer et la lecture c'est son souffle nocturne sa respiration quand il pourrait faire nuit sur lui et on l'entend mais ce n'est que son battement dans l'obscurité sa vie au delà de la lumière et il faut lire les livres à voix haute crier leur mots et que notre voix soit si forte qu'elle les décolle du papier où ils sont imprimés et qu'elle leur fasse quitter la page jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien que le blanc et que tous les livres soient vierges une fois lus afin que l'on puisse tous les réécrire autrement et les lire une seule fois et que le monde entier les entende qu'ils s'enfouissent dans toutes les oreilles et qu'ils ne soient plus écrits que dans les mémoires que les bibliothèques ne soient plus que dans toutes les têtes que tous les livres soient rangés dans toutes les pensées jusqu'à ce qu'ils disparaissent peu à pêu dans la nuit des temps et que l'on ne puisse plus savoir et que l'on ne sache plus rien enfin afin de pouvoir réécrire indéfiniment d'autres livres
.../...
Jean-Luc Parant Ouste n°15
dimanche 11 janvier 2009
Dans la froideur lumineuse d'une fin de journée...

samedi 10 janvier 2009
banquise...presque...

jeudi 8 janvier 2009
Dans le silence d'un envol...
L'aigle invisible est en vous
Rochers surgis de nos rêves
En vous le vol
En vous la flamme
En vous la nuit fulgurante
Promesse tenue
Geste retenu
Vous êtes en nous le pur souffle
Que nous ignirions
Rochers surgis de nos rêves
L'invisible aigle est en vous
Embrassant Yin
endossant Yang
Frayant en nous la voie sûre
Que nous ignirions
Sol craquelé
Ciel constellé
Et nous votre élan charnel
A l'aube sur toutes routes
Vous dressez vos corps ailés
Parfois sous nos mains calleuses
Brisant les rosées figées
Un ange renaît sourire.
François Cheng









