vendredi 31 octobre 2008
Sérénité



"Je n'ai pas tressailli comme je le craignais, et maintenant je sais la raison de ma sérénité. Ce n'est pas de l'indifférence, un émoussement des sens du aux années comme je l'avais soupçonné.
C'est la pleine possession de mes émotions et la connaissance suprême de chaque instant précieux que la vie nous offre en prime si on a fermeté et courage."
L'art de la joie Sapienza
lundi 27 octobre 2008
Voyage dans les contrées de l'imaginaire

dimanche 26 octobre 2008
Le veilleur de temps

Il a malgré tout laissé se faufiler une heure...
Tant mieux je suis spécialement preneuse de temps en ce moment:
plutôt absente de ce côté des choses mais plus présente ailleurs aussi (forcément!)!!
Du temps pour chaque chose et chaque chose a son heure...
Le veilleur de temps
endormi
dans un recoin de songe
a laissé la place vide.
L'ombre profonde
du passé
échappée
de la lourde toile
du temps
s'est envolée
dans une poussière
de lumière.
mercredi 22 octobre 2008
L'amour est un long voyage...


Aimer une personne
est un long voyage —
roches, chutes d'eau et l'ombre
soudain, dilatée
le couvert des forêts,
parfois des éclairs
sur le silence si vaste de la mer
et des routes surélevées, des cris
des rues soudain plongées
dans une lumière inconnue.
Aimer quelqu'un, des milliers, chacun
c'est comme tenir une carte dans le vent.
On n'y parvient pas mais mon cœur
on me l'a mis au centre de la poitrine
pour ce haut, merveilleux défaut.
Sur les hauts plateaux de chaque nuit
me voici avec les redites et les mains ouvertes de la poésie :
ne les fais pas souffrir, ils sont à toi, ne les fais pas partir.
Davide Rondoni Un bonheur dur
lundi 20 octobre 2008
Obscure lucidité


Je passe, et par la magie de ce simple passage de maraudeur, ma pensée, flottant tout à coup dans l'intensité des choses, possède à nouveau le monde, mais de façon absolument non possessive. Ma pensée confrontée au monde comme à un bloc de non-sens rejoint une étrange beauté qui ne dépendait que d'un coup d'œil, d'un coup de dés.
Où se trouve le « bon côté des choses » ? Je n'en sais rien, mais je sais qu'il existe et que cela suffit. Et je sais qu'une vigilance et une résistance sont possibles.
Je deviens l'anti-vigile, celui qui veille la nuit comme on veille un mourant ou un enfant malade. Le monde est là. Il m'attendait. Le monde est l'attente des choses. La plage à marée basse sous des pavés d'objets morts.
Le monde est là. Encore. « Plein de contrées magnifiques... » Et je peux me laisser aller à une « solitude consciente et organisée ». À une sorte de lucidité obscure.
Et je souhaite demeurer le plus discret possible, légèrement en retrait. Passant. Faisant, chaque jour, sa promenade clandestine...
Pierre Péju La vie courante
mercredi 15 octobre 2008
De l'espace naît le vide l'animé

notre absence nous définit
et notre solitude
un rêve de terre ouvre
les mots sur la mer
le temps nous rouvre à l’enfance
sculptés d’ombre et de lumière
nous nous tenons visages
à gauche du soleil
comme à côté des épines
la plage des cœurs
de l’espace naît le vide
l’animé
et le silence entre les pages
est souffle
entre les souffles
Amina Saïd Sables funambules

lundi 13 octobre 2008
La saveur du réel

Il marchait sur un pied sans savoir où il poserait l'autre. Au tournant de la rue le vent balayait la poussière et sa bouche avide engouffrait tout l'espace. Il se mit à courir espérant s'envoler d'un moment à l'autre, mais au bord du ruisseau les pavés étaient humides et ses bras battant l'air n'ont pu le retenir. Dans sa chute il comprit qu'il était plus lourd que son rêve et il aima, depuis, le poids qui l'avait fait tomber. Pierrre Reverdy |
vendredi 10 octobre 2008
Savourer le moment...


Laisser derrière soi l'été; en savourer les derniers moments et entrer dans l'automne avec bonheur...
"Pour vivre, ou pour tenter de vivre, il me semble que l'objectif principal est de vaincre les peurs - c'est-à-dire, au fond, la peur de la mort. De ce point de vue-là, je dirais que je suis stoïcienne... Mais c'est par défaut. J'admire et j'envie ceux qui parviennent à oublier cette promesse funeste, à vivre simplement, dans une innocence joyeuse. C'est sans doute la meilleure solution. Moi, je n'y parviens pas. Alors j'essaie de m'entourer de ces personnes pour qu'elles me contaminent un peu, qu'elles me guérissent de la mélancolie. Il y a une phrase de Montaigne, à l'inverse, que j'aime beaucoup. « Philosopher, c'est apprendre à mourir. » S'il y a une philosophie qui m'aide à vivre, c'est sans doute celle-là : l'apprentissage de la mort. Cela n'a rien de triste. C'est un combat intérieur contre la peur et contre la tentation de retrouver en permanence des •< paradis perdus ». "
Marine Delerme
samedi 4 octobre 2008
Dans l'oeil du cyclone
A celui qui me demanderait ce qu'est le "qi" (ou encore "chi") terme exprimant ce que peut être l'énergie dans la culture chinoise je dirais cela:...
une force puissante et "invisible"
" Le" taiji" [ que l'on pourrait résumer comme étant harmonie et équilibre des forces] existe aussi en dehors de ce que l'œil humain est capable de voir et de comprendre. Le taiji représente les changements et le développement des phénomènes naturels, de la pousse des plantes à la rotation terrestre et des mouvements des galaxies.
Ces mutations ne sont pas immédiatement perceptibles par l'homme, c'est pourquoi on ne considère pas le taiji uniquement comme mouvement mais également immobilité dans le mouvement. Et c'est à partir de cette notion imperceptible par l'esprit puisque inexistante, "vide"', qu'il faut appréhender la constance des mutations cycliques du cosmos et les mouvements de création, de développement, de changements qui interviennent dans la nature.
On n'est plus dans le domaine de la perception mais de la sensibilité, on passe de l'action concrète à un état."






















