lundi 28 avril 2008
Toujours plus loin...




Et quelques vers qui résonnent tout particulièrement parmi beaucoup d'autres et à aller découvrir chez Claude Chatron-Colliet .
Si ils ne parlent pas du même lieu que celui de ces photos, ils parlent du même voyage.
Alors vraiment merci à toi Claude de m'autoriser à les mettre sur mes pages...
A me lire, à m’entendre, à me dire.
Ce que dans mes mots,
Je trace,
D’infini,
De l’infime à l’incommensurable,
Qui je suis, comment je suis dans la soif, d’où je viens ?
D’entendre, de caresser, et de boire jusqu’à la lie,
Cette terre inconnue,
Qui abreuve, enrichit et lie,
Les épis de blés,
Sur des terres desséchées.
Vivre, intensément chaque instant de ce manque,
Presque jusqu’à l’agonie,
Et moi, d’implorer chaque jour,
L’aube de mes ciels,
D’un rayon de miel et de fils d’arcs en ciel,
Tu voulais me parler d’un voyage ?
A regarder le matin l’astre du jour s’élever
Au colophon des plus hauts sommets,
Marcher dans les neiges rosées, des cerisiers japonais,
Traverser l’Amazonie et dormir tendrement dans la canopée,
Voir le char du soleil s'enfoncer dans le ciel,
Contempler du Mont Athos, le bleu infini coupé de voiles immaculées,
Qui me serviront de robes pour mes ailes blanches,
Prêtes à s’envoler.
Me prendre dans tes bras pour me faire danser,
Marcher les pieds nus sous les oliviers,
Traverser les déserts dans des méharées,
Glisser sous des cascades glacées.
Et moi dans mes larmes d’eau douce et mes larmes salées,
J’ai fait tous ces voyages, juste en t’écoutant parler,
Sur mes ailes
Sans ne plus rien penser
Qu’aux couleurs de l’arc en ciel.
Et au Grand Teinturier.
Je rêve à Itaka,
Claude Chatron-Colliet ©Avril 2008
jeudi 17 avril 2008
Là-haut, l'autre côté...



Je pars pendant quelque temps voir ce qu'il y a de l'autre côté...
Peut-être, je vous dirais...
mercredi 16 avril 2008
Un peu plus loin

et pour Too Banal... (voir commentaire ci-dessous!)La traduction n'est pas fiable... J'en appelle a son indulgence!

lundi 14 avril 2008
Territoires sauvages

Résignation, tel est le mot de la grande défaite. La vie est un trajet long et fatigant. Comme un train de grande ligne qui doit, à l'occasion, traverser des régions en guerre et des territoires sauvages. Je veux dire que le chemin est semé d'embûches et le déraillement un accident assez banal. II y a mille façons de perdre le cap. Par exemple, on peut aller tout droit en enfer pendant quelques années.
D'autres, en revanche, ne sortent jamais des rails, ils se contentent de ralentir, roulent de plus en plus lentement, jusqu'à finir par s'arrêter complètement et faire du surplace, à moitié tués par la passivité et l'échec, le temps inclément faisant rouiller le fer-blanc et les idées.
Rosa Montero La fille du cannibale
Mais il y a aussi ces endroits qui ne vont nulle part.
Des endroits où l'on ne peut que s'arrêter.
Voie sans issue qui appelle le demi-tour, personne ne nous y attend et pourtant juste avant le demi-tour...
samedi 12 avril 2008
En passant vite fait

Refllets, ombres menant une vie paralèlle, aérienne
nous devançant un peu ou trainant un peu à l'arrière, toujours nous rattrapant
chuchotement passant sans laisser de trace
Âmes secrètes impalpables
intangible et indéniable réalité.
mercredi 9 avril 2008
Le royaume de l'intervalle
En prolongement de la note précédente:
"Selon la juste vision du Tao, le Vide médian intervient chaque fois que le yin et le yang sont en présence. Drainant la meilleure part des deux, il est ce troisième souffle qui élève l'un et l'autre vers une transformation créatrice, et leur permet de se dépasser. Tant il est vrai que l'accomplissement de chacun n'est point en soi, mais en avant de soi. Les anciens Chinois - notamment du côté des taoïstes, mais les autres courants de pensée, sur ce point, ont fini par épouser leur vue - ont développé une conception unitaire, et organique de l'univers vivant où tout se relie et se tient. À la base de cette vision originale : le souffle. Le souffle primordial constitue l'unité originaire ; de tous les éléments et ne cesse d'animer toutes choses vivantes, les reliant en un gigantesque réseau d'engendrement et de circulation, appelé le Tao : "la Voie".
Comment se manifeste la fécondité du souffle ? Son mouvement fondamental est ternaire, selon les sages de la Chine antique qui se fondaient sur une approche phénoménologique de la vie en son infinie variété, à travers les "Dix mille" êtres. Ces penseurs distinguaient trois types de souffle émanant tous du souffle primordial et agissant de façon concomitante : le souffle yin, le souffle yang et le souffle du Vide médian. Le yin et le yang commencent à être familiers à l'esprit occidental. On sait que le premier incarne la douceur réceptive, que le second incarne la puissance active. Chaque être acquiert sa spécificité en entrant en interaction avec d'autres êtres, et en premier lieu avec son partenaire privilégié, son complémentaire. Car la vie s'exprime naturellement par paire. Ainsi en va-t-il de l'homme et de la femme, du mâle et de la femelle, bien entendu. Mais la dialectique du couple régit aussi les grandes entités de l'univers : le ciel yang et la terre yin, le soleil yang et la lune yin, la montagne yang et le fleuve yin, le rocher yang et l'herbe yin, l'oiseau yang et les fleurs yin...
Mais si l'on s'en tient à cette simple énumération binaire, on pourrait croire que la pensée chinoise est duelle, voire dualiste. C'est que l'on oublie souvent le Vide médian, ce grand Trois né du Deux, et qui permet au Deux de se dépasser. Le Vide médian, tirant son pouvoir du Vide originel, intervient chaque fois que le yin et le yang sont en présence. Dans l'idéal, il a le don de créer un espace vivifiant et d'y entraîner le yin et le yang en vue d'une créative interaction. Drainant la meilleure part des deux, il les élève vers une transformation bienfaisante. Cette circulation ternaire a lieu aussi bien à l'intérieur d'une entité vivante - puisque tout être est habité par le yin et le yang, avec un pôle plus marqué pour l'un ou pour l'autre - que dans la relation entre toutes les entités vivantes. La montagne et le fleuve, par exemple, ne sont pas seulement deux partenaires qui se trouvent en vis-à-vis. Ils entretiennent un rapport bien plus intime, une relation d'entrecroisement, d'interpénétration, de devenir mutuel - les Anciens ne racontent-ils pas que la montagne est formée à l'origine par des " vagues figées " ? Et les eaux du fleuve, en s'évaporant vers le ciel à chaque instant et en se transformant en pluie pour ré-alimenter la source au sein de la montagne, ne montrent-elles pas qu'elles habitent la montagne, étape temporaire dans leur incessante circulation ? Oui, le vrai mouvement de l'être est circulaire, il se fait non en ligne droite mais en cercles concentriques, ce qui lui permet d'aller sans cesse à la rencontre d'autres cercles nés d'autres êtres.
La pensée chinoise s'est avérée particulièrement opérante dans le domaine esthétique : dès le IVe siècle environ, s'était élaborée une philosophie esthétique qui tentait de penser la "beauté" révélée par l'intime dialogue entre l'homme et la nature, et par les diverses formes de la création artistique. Une telle philosophie s'appuyait sur les deux grandes figures rhétoriques issues de la très ancienne tradition du Livre des Odes, à savoir le bi, comparaison par laquelle l'homme cherche dans la nature un élément pour illustrer un sentiment jailli en lui, et le xing, incitation par laquelle certains éléments de la nature éveillent en l'homme des sentiments latents. De ces deux idées fondatrices, les maîtres ont dégagé un ensemble de réflexions qui se cristalliseront plus tard, sous les Song (XII-XIlI siècle), autour de la notion centrale de qing-jing, "sentiment-paysage ". Celui-ci désigne l'interpénétration de l'esprit humain et de l'esprit du monde, tous deux étant censés mus par le même qi, "souffle-esprit", et par le même yi," désir, élan, intentionnalité ". La vision des éléments naturels y est de même essence que la vision du monde intérieur de l'homme.
Toute œuvre d'art est un Trois qui, drainant la meilleure part du Deux, permet aux deux - l'artiste et son sujet - de se transcender. Ainsi s'épanouira une grande tradition de pensée, valable aussi bien pour la poésie que pour la peinture, et dans laquelle la " beauté " est essentiellement considérée comme un processus de devenir résultant d'une rencontre. Le poète ou l'artiste passe par une transformation initiatique dont le rythme est encore ternaire, et dont les phases ont pour nom yin-yun, " éléments en interaction ", qi-yun, " souffles rythmiques ", puis shen-yun, " résonance divine "- l'âme humaine résonant à l'unisson de l'âme universelle -.
Le propos de la poésie et de la peinture chinoise est de traquer le mystère né de l'incessant échange entre les grandes entités : bien entendu entre le ciel et la terre, entre la montagne et la mer, entre le val et les nues, entre les arbres et les rochers, mais aussi entre les choses apparemment minimes et furtives, non moins " illuminantes " : entre un rayon du couchant qui s'attarde et le muret moussu qui n'est qu'attente, entre les feuilles de bananier assoiffées de chant et l'arrivée de la pluie bienfaisante, entre le papillon qui referme un instant ses ailes et les anémones qui déploient leurs pétales, entre la branche gorgée de sève et l'oiseau perché qui, sentant l'irrépressible poussée, lance son cri...
Rien de nouveau sous le soleil ? Certes. On a découvert tous les continents et recensé (presque) toutes les espèces. On a même lu tous les livres. Mais n'ayons garde d'oublier les innombrables " entre " qui ont lieu à tout instant sous nos yeux. Acceptons le constat que ce qui surgit entre les vivants, fait d'inattendus et d'inespérés, est toujours neuf. Assurément, le Tao se manifeste dans ce qui est pleinement donné, là. Mais il se dévoile tout aussi bien, sinon davantage, dans ce qui se devine, dans ce qui advient au creux des interstices. Nous ne doutons pas que c'est au "royaume de l'intervalle", dans la "vallée où poussent les âmes " - selon l'expression de John Keats - qu'en réalité chacun des vivants prend conscience de son unicité et devient par-là présence. Et, de présence en présence, le Tao offre à ceux qui savent l'accueillir une dimension ouverte. "
Le Vide Médian François CHENG
mardi 8 avril 2008
Les extrémités de l'univers vivant : d'un côté, le mal ; de l'autre, la beauté.


"En ces temps de misères omniprésentes, de violences aveugles, de catastrophes naturelles ou écologiques, parler de la beauté pourra paraître incongru, inconvenant, voire provocateur. Presque un scandale. Mais en raison de cela même, on voit qu'à l'opposé du mal, la beauté se situe bien à l'autre bout d'une réalité à laquelle nous avons à faire face. Je suis persuadé que nous avons pour tâche urgente, et permanente, de dévisager ces deux mystères qui constituent les extrémités de l'univers vivant : d'un côté, le mal ; de l'autre, la beauté.
Le mal, on sait ce que c'est, surtout celui que l'homme inflige à l'homme. Du fait de son intelligence et de sa liberté, quand il s'enfonce dans la haine et la cruauté, il peut creuser des abîmes pour ainsi dire sans fond. Il y a là un mystère qui hante notre conscience, y causant une blessure apparemment inguérissable. La beauté, on sait aussi ce que c'est. Pour peu qu'on y songe cependant, on ne manque pas d'être frappé d'étonnement : l'univers n'est pas obligé d'être beau, et pourtant il est beau. À la lumière de cette constatation, la beauté du monde, en dépit des calamités, nous apparaît également comme une énigme.
Que signifie l'existence de la beauté pour notre propre existence ? Et en face du mal, que signifie la phrase de Dostoïevski : « La beauté sauvera le monde » ? Le mal, la beauté, ce sont là les deux défis que nous devons relever. Ne nous échappe pas le fait que mal et beauté ne se situent pas seulement aux antipodes : ils sont parfois imbriqués. Car il n'est pas jusqu'à la beauté même que le mal ne puisse tourner en instrument de tromperie, de domination ou de mort. Une beauté qui ne serait pas fondée sur le bien est-elle encore « belle » ? Intuitivement, nous savons que distinguer la vraie beauté de la fausse fait partie de notre tâche. Ce qui est en jeu n'est rien de moins que la vérité de la destinée humaine, une destinée qui implique les données fondamentales de notre liberté."
Cinq méditations sur la beauté François Cheng

lundi 7 avril 2008
Partie remise...




Pour le printemps, on attendra encore un peu...
jeudi 3 avril 2008
L'écume des jours

un souffle
un bruissement
un reflet dans une matière dérisoire
où le soleil s'attarde
nos jours sont habités de tout cela
l'infime
l'imperceptible espace
où
la mer
s'en vient
et s'en retourne




En écho, un extrait...
L'envol du sac...
Et j'aurai aimé l'avoir en gros plan pendant 15 mn...




