mercredi 12 mars 2008
Là où finit le chemin commence l'immensité
Métamorphose: l'envol
Je ne puis trouver le repos
J'ai soif d'infini
Mon âme languissante aspire
aux inconnus lointains
Grand Au-delà, ô le poignant appel de la flûte!
J'oublie, j'oublie toujours
que je n'ai pas d'ailes pour voler,
que je suis éternellement attaché à la terre
Mon âme ardente et le sommeil me fuit;
Je suis un étranger dans un pays étrange!
Tu murmures à mon oreille un espoir impossible.
Mon cœur connait ta voix comme si c'était la sienne.
Grand inconnu,ô le poignant appel de la flûte!
J'oublie, j'oublie toujours
que je ne sais pas le chemin,
que je n'ai pas de cheval ailé.
Je ne peux trouver la quiétude.
Je suis étrange à mon propre cœur.
dans la brume ensoleillée des heures langoureuses.
Quelle vision de Toi apparait sur le bleu du ciel!
Grand inconnaissable, ô le poignant appel de la flûte !
J'oublie, j'oublie toujours
partout les grilles sont fermées
dans la maison où je demeure solitaire!
Rabindranàth Tagore
Commentaires
Il suffit d’un pas, d’un seul
Et cessent alors les inquiétudes
Que tissait l’ordinaire des jours
Où se drapait avec constance
L’esprit qui se pensait tranquille
La raison vacille et le craint
Ce réveil de nos désirs
Qui nous relie malgré nous
Au plus intime de nos racines
Le chemin alors est lumière
pas besoin d'ailes,
je ferme les yeux et la musique douce de la flûte m'emporte hors des murs qui retiennent mon corps prisonnier, mon esprit s'évade au rythme des notes posées çi et là sur la portée de l'espoir : un jour te revoir
Super poème bâti à l'aune
des hauteurs où plane un esprit libre de toute attache!
Si le Toi (avec majuscule)auquel s'adresse cette belle invocation ne relève pas d'une mystique religieuse alors je me laisse tenter par ce transport sans ailes et sans zèle...
"C'est à l'homme de savoir
s'il a plus besoin de la glu que de l'aile, des ténèbres que du soleil, de l'enfer que de l'amour"
Fernand Ouellette, Les actes retrouvés, Regards d'un poète, Bibliothèque Quebécoise, 1996, page 82.
@
A vous tous >
Quand esprit s'envole,
reste le silence à l'horizon...
ça va me pousser à arrêter alors !
Dam > Non! surtout ne t'arrête pas!
S'il n'y avait pas des regards en partage comme le tien, qui nous porterait alors sur ses ailes?
Connais-tu le très beau film de Satyajit Ray adpaté du court roman de Rabindranath Tagore "La Maison et le Monde" ? J'aime aussi cet autre film bengali (magnifique, en N. & B.) de Ray, "Charulata" mais je me demande si l'histoire est bien de Tagore...
Connais-tu aussi son très beau recueil de nouvelles "Le Mendiant" ? Tes photos d'envols très poétiques... A bientôt, chère Corinne !
"adapté" et non "adpaté" (coquille)





