D'ombre et de lumiere

"Dis-moi Qu'as-tu choisi ? Qu'est-ce que tu veux garder ? Que veux-tu conserver dans la tirelire à temps dans ton léger trésor d'instants sauvés ?"

mardi 29 janvier 2008

Un chemin qui s'écoule comme de l'eau, réfléchit comme un miroir, et répond comme un écho

Un texte qui vient de me tomber sous la main...  Sans en faire une vérité, des mots a laisser couler en soi  et faire leur chemin..

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"Le Wu wei (l'action du tao*) signifie " non-agir, non-provoquer, ou non-faire ". Mais du point de vue pratique, il signifie plutôt sans effort inapproprié et exagéré.

Le Wu wei est comparable à l'eau qui s'écoule en passant par-dessus et en contournant les rochers qu'elle rencontre. Elle ne correspond pas à l'approche mécanique et linéaire qui aboutit en général à court-circuiter les lois naturelles, mais au contraire à celle qui émane de la sensibilité intérieure des rythmes naturels du monde...

En apprenant à travailler avec notre Nature Intérieure et avec les lois naturelles qui opèrent autour de nous, nous atteignons le niveau de Wu wei. Alors nous travaillons avec l'ordre naturel des choses et opérons selon le principe de l'effort minimal. Puisque le monde naturel suit ce principe, il ne fait pas d'erreurs. Les erreurs sont commises - ou imaginées - par l'homme, cette créature qui a un cerveau surchargé et fait une séparation entre lui-même et le réseau de lois naturelles qui le supportent, en interférant et en forçant sans cesse sa nature….

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Au fil des siècles, l'homme a développé un esprit qui l'a séparé du monde de la réalité, le monde des lois naturelles. Cet esprit fait trop d'efforts, s'use trop, et finalement s'affaiblit et s'amollit. Un tel esprit, même s'il est d'une très haute intelligence, devient inefficace. Il va et vient, avance, recule, mais ne réussit pas à se concentrer sur ce qu'il fait au moment présent. Il conduit une automobile à vive allure dans la rue et pense au magasin devant lequel il va s'arrêter, à la liste d'articles ménagers à acheter. Puis il se demande comment arrivent les accidents.

le Wu wei est indéfinissable et pour ainsi dire invisible, parce que cette forme d'agir est devenue un réflexe.

Etre sensible aux circonstances. Etre simplement naturel. Un des aspects les plus pratiques de cette sensibilité aux circonstances est de ne pas avoir besoin de prendre autant de décisions difficiles. Au contraire, on les laisse se former toutes seules.

L'approche Wu wei appliquée à la solution de conflits est parfaitement illustrée par la pratique de l'art martial taoïste, le t'ai chi ch'uan, dont l'idée de base est de contrer son adversaire, soit en lui renvoyant son énergie, soit en la faisant dévier, en sorte de l'affaiblir, de le déséquilibrer, et de lui faire perdre sa position de combat. Jamais on ne s'oppose à la force par la force ; on en vient à bout, au contraire, en cédant. On peut comprendre le principe de Wu wei sous-jacent au t'ai chi ch'uan en imaginant un bouchon de liège flottant à la surface de l'eau et sur lequel on taperait. Plus on tape fort, plus il s'enfonce ; plus il s'enfonce, plus il remonte vite. Sans dépenser aucune énergie, le bouchon vient aisément à bout de tous nos efforts. De même, Wu wei vainc la force en neutralisant son pouvoir plutôt qu'en ajoutant au conflit.

La voie de POOH Benjamin HOFF
Le TAO de POOH / Editions Picquier Poche
extrait dans sa totalité ici

*Le taoïsme (道教 dào jiào « enseignement de la Voie ») est à la fois une philosophie et une religion chinoise. Plongeant ses racines dans la culture ancienne, ce courant se fonde sur des textes, dont tao te king de Lao-tseu, et s’exprime par des pratiques, qui influencèrent tout l’Extrême-Orient. Il apporte entre autres :

      -une mystique quiétiste reprise par le bouddhisme Chan (ancêtre du zen japonais);

      -une éthique libertaire qui inspira notamment la littérature;

      -un sens des équilibres yin yang poursuivi par la médecine chinoise et le developpement                 personnel ;

      -un naturalisme visible dans la calligraphie et l'art.

   

Commentaires

Entre ton billet d’hier et celui d’aujourd’hui, (coïncidence avec ce que je vis ?) je suis bouleversé.
Merci.

Michel.

Posté par michel gonnet, mercredi 30 janvier 2008 à 00:19

Je devais aller à des cours de t'ai chi ch'uan cette année, et puis je m'y suis prise trop tard, mais au mois de septembre, je vais m'y inscrire. Je connais plusieurs personnes de mon entourage qui en font (dont ma soeur), et la façon dont elles en parlent, ainsi que la tienne, me rendent impatiente de m'y rendre.
Merci à toi. Belle soirée.

Posté par Francoise, jeudi 31 janvier 2008 à 20:23

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