vendredi 12 octobre 2007
Un peu d'or dans la boue



Il y a cette brèche dans le temps:
l'amour dans le suspens des heures,
on y voit un jardin immobile comme si
autrefois et demain n'existaient plus
qu'un même instant
et nous ne connaissons d'autre lieu
que cette parole où s'unissent
l'arbre et la voix, l'enigme et l'horizon.
Il y a cette approche du matin
qui n'est pas encore jour
c'est le matin du temps l'envers
de l'âge cette vie cachée
sous la peau le chiffre exact de l'amour
ni danse ni brouillard la vie simplement
et son invisible fil sous les mots, la vie.
Lionel Ray
mercredi 10 octobre 2007
Une parenthèse dans le temps: quelques notes en suspension...
L'art c'est la vie mais sur un autre rythme


En pensant à ça, ce soir, le cœur et l'estomac en marmelade, je me dis que finalement, c'est peut-être ça la vie : beaucoup de désespoir mais aussi quelques moments de beauté où le temps n'est plus le même. C'est comme si les notes de musique faisaient un genre de parenthèses dans le temps, de suspension, un ailleurs ici même, un toujours dans le jamais.
Oui, c'est ça, un toujours dans le jamais.
N'ayez crainte.
Car, pour vous, je traquerai désormais les toujours dans le jamais.
La beauté dans ce monde.
L'élégance du hérisson Muriel Barbery


dimanche 7 octobre 2007
Retenir l'or du temps

jeudi 4 octobre 2007
Contenue

Se concentrer en soi, prendre forme et sens dans les liens tissés,
se rassembler et retourner au monde...
Prendre force et retourner à l'océan.
courage pour oser l'inconnu
mardi 2 octobre 2007
D'Ici à là... L'autre bout du monde...


Ici,
là-bas
la-bas
ici, et encore ici...
un endroit,
un autre...
Et là, sur un trajet vers le centre equestre...
Du temps perdu?...
Du temps en tête à tête pour discuter...
Du temps pour lire- en attendant-,
réfléchir sans être appelée par autre chose,
écouter de la musique,
penser,
rêver,
admirer ....
M'arrêter sur le bord de la route et respirer l'air d'automne....
En ce temps d'automne en ombres et lumières dont je ne me lasse pas...
lundi 1 octobre 2007
Une question introuvable

Chaque homme n'est qu'une vieille question introuvable autour de laquelle tourne toute sa vie: une enigme.
Pierre Péju Le rire de l'ogre
De la note précédente, d'autres mots me viennent après coup (souvent le cas pour moi), j'ajoute donc:
Comme un bloc d'argile ayant pris ses formes peu à peu, l'histoire de notre enfance modèle notre personnalité...
De ci de là, des entailles ont laissé leurs traces, des failles imperceptibles se sont inscrites, des poids et des contrepoids se sont installés pour maintenir la ligne vitale qui s'élance de nous....
Nous portons en nous cet héritage silencieux de désirs inexprimés, de non-dits indicibles sans bien savoir discerner ce qui nous revient de ce qui s'est imprimé en nous peu à peu.
Une histoire qui s'écrit de générations en générations, celle de nos parents écrites sur celle de leurs propres parents...
L'enfance des uns projete son ombre et sa lumière sur l'enfance de ceux qui suivent...
Des histoires s'emboîtent les unes aux autres et qui ne peuvent vraiment se lire qu'à la lecture des autres....
Le jeu des poupées russes....
[Sur ce même thème un roman très fort de Nancy Huston "Ligne de failles"]
Pour écrire ce passé au présent, je tente de déchiffrer ce que je peux transmettre à mes enfants malgrè moi....
Quel élan parvenons nous à leur insuffler, quelles failles creusons nous malgré nous?
Lorsque mes enfants évoquent entre eux ce temps de l'enfance où ils sont pourtant encore, je m' étonne de ce regard que je n'entrevois pas...
Espace de vie où ils existent, que je ne perçois pas et qui pourtant les façonne...
Il y a aussi d' autres histoires inexprimables peut-être oubliées qui ont ont fait leur chemin en nous...
Chacun émerge de cette histoire ordinaire faite d' ombre et de lumière....
Avec selon plus ou moins d'ombre et de lumière ...
Des forces et des fragilités ou les deux à la fois en revers l’une de l’autre et qui se mêlent en clair-obscur...
J'aurais envie de réécrire des lignes de mon enfance ou de celles de mes enfants où des cicatrices se sont déjà déposées...
Mais il est évidemment vain de vouloir se retourner pour ça ...
Alors pourquoi le faire?
Parce que ce passé on ne peut pas faire sans lui .
On ne peut que se pencher sur lui et tenter d'y lire entre les lignes pour pouvoir accueillir cette histoire qui est la nôtre et nous a mené jusqu'ici.
Et faire du passé une force vive pour le moment à vivre...
Je situe la photo du message précédent dans son contexte: Mon fils avait abusé de ce fameux tourniquet dont les enfants raffolent... Mal de coeur s'en ait suivi, il s'est donc allongé par terre. Alors que je m'approchais pour m'occuper de lui, j'ai été impressionnée par mon ombre et celle de son père qui se projetaient sur lui. Ce dernier prenait des photos des enfants qui jouaient, il a saisi cette scène à ma demande car cela m'évoquait déjà tout ce que j'ai pu dire plus haut.
Sans autre but... (C'était il y a deux ans et ce blog n'existait pas encore).
Il y a quelques temps lors d'un grand rangement, un jeu d'imprimerie qui appartenait à ma fille aînée a ressurgi...
Ma seconde s'est précipité dessus pour le récupérer bien qu'elle n'ait plus l'âge d'y jouer (s'il y en a un)...
Elle m'a alors raconté combien elle avait longtemps désiré ce jeu qui lui était inaccessible car on devait sans doute la trouver trop petite...
Et ce jeu depuis elle le garde dans son placard comme un doudou, ou un rêve dont on ne veut pas se séparer...
Une petite histoire de rien mais qui symbolise une de ces petites traces qui s'inscrit en nous et nous marquent subrepticement...

