D'ombre et de lumiere

"Dis-moi Qu'as-tu choisi ? Qu'est-ce que tu veux garder ? Que veux-tu conserver dans la tirelire à temps dans ton léger trésor d'instants sauvés ?"

jeudi 27 septembre 2007

On revient toujours à cette enfance...


 

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On y revient toujours, à cette enfance qui modèle notre âme sans que nous en soyons conscients, et qui pèse plus sur notre bonheur que les jours de notre âge adulte, car c'est à travers elle que nous les vivons, et c'est elle qui assigne à chacun d'eux sa grandeur passagère.

Il faut parfois renoncer au passé pour jouir du présent. L'oubli répond à une logique économique, c'est un procédé qu'adopté la vie pour se libérer de l'angoisse et poursuivre son chemin, un subterfuge paresseux et pourtant fécond, comme si l'esprit se mettait en jachère pour pouvoir semer de nouveaux plants par la suite. C'est pourquoi certains épisodes sont relégués dans le grenier de l'oubli, dans cet entrepôt qu'on ne peut visiter qu'en rêve, sans pouvoir en rapporter, au réveil, rien de ce qu'on y a découvert.

On ne peut pas changer de passé,  mais on peut changer d'attitude envers lui, réagir autrement face aux  souvenirs et face au présent. Ce que j'ai appris, c'est que j'ai non seulement le droit d'être heureuse, mais surtout, depuis que tu es née, le devoir de l'être

Extrait de "un miracle en équilibre" de lucia Etxeberria

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dimanche 23 septembre 2007

Et s'accrocher au ciel...


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samedi 22 septembre 2007

La durée nous précède et nous survit. Comme cette existence, elle ne nous est prêtée que pour nous faire grandir.

 



 

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Le milieu de la nuit s'en va vers ses quartiers. Il regagne les contrées inconnues où les fragments du temps se reposent à tour de rôle. Le temps ne cesse pas de veiller. Il ne suspend son envol que pour changer de costume. Cette suspension d'ailleurs est imperceptible, tant il est prompt à se défaire des atours du moment. Le jour et la nuit ne sont que des couleurs, un déguisement, des facéties de l'éternité. La durée nous précède et nous survit. Comme cette existence, elle ne nous est prêtée que pour nous faire grandir. Elle ne vieillit pas, elle s'accumule. Elle est comme un espace sans cesse en expansion, qu'il nous faut remplir du sens de notre histoire. Allons-nous vivre, sans jamais rien nous dire ? Peut-être. Ce sera notre histoire que ce silence intense. Ce sera notre attachement. Des générations viendront à l'heure dite, qui ne contempleront pas comme nous les allées et venues du temps qui change d'habit. Elles en captureront chaque instant, ne laisseront pas une minute inoccupée. Elles rempliront le temps de rêves réalisés, d'amour-propre et de ces lendemains rieurs que nous ne leur aurons pas légués, mais qu'elles sauront conquérir.

 

 

Contour du jour qui vient  de L. Miano

   

 

 

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vendredi 21 septembre 2007

insouciance ~~courir et ?...~~

 

   

 

   

   

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mercredi 19 septembre 2007

Contours du jour qui vient

 


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"L'ombre s'est dissipée alentour, c'est vers toi que je m'élance. Non pas que le jour tant espéré se soit enfin levé, pour étrangler le tourment. Il aurait pu en être ainsi, si le désespoir ne rythmait plus la cadence à grand renfort de parousies, d'invectives, de sentences... La vie n'est encore qu'une longue élégie. Elle continue de psalmodier ses invites à la fin. La vie est un exténuement. Qu'il y ait un matin ou qu'il y ait une nuit, elle n'en peut plus de ses fardeaux. Cependant, l'ombre se dissipe alentour, car je la jette au loin, comme je m'élance vers toi. Pour qu'elle ne soit plus cette opacité au-dehors qui empêche la plus timide avancée, je la chasse de mon cœur. Je sais que le jour vient. Il ne peut en être autrement. Qu'il ne me trouve pas, lorsqu'il surgira, dans mes oripeaux ténébreux !"

Contour du jour qui vient  de  L.Miano

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Des photos de deux de mes deux filles cet été, posés sur ces lignes de Léonora Miano...

La conscience de la douceur des contours des jours qui sont et  qui viennent, ceux de  notre vie...
Chance qui n'est pas identique pour tous...

Avoir conscience de tant de douceur, sans enjoliver, sans gommer les travers et les difficultés des jours ordinaires parfois loin d'être faciles ...

Mais ne pas s'enfermer dans un égoïsme de privilégiés, tenter au moins de garder les yeux ouverts,  se sentir concerné  et s'interdire l'indifférence.

Musango , elle nous livre sa force de vie dans sa longue et courageuse traversée  en quête d'elle même dans cette  Afrique difficile et en pleine anarchie...






Je tire du puits des commentaires ce merveilleux texte de ce grand poète et écrivain qu'est Jean Tardieu et que je ne me lasse pas de lire.
Pourtant je n'avais jamais lu ce magnifique texte. La lecture de celui-ci m'a fait frissoner par tant de beauté et de vérité...
J'ajouterai que ce texte fait d'autant plus écho en moi qu'il exprime si bien l'origine du titre de cet espace "D'ombre et de lumiere"...

Je te remercie donc Photeil. (C'est toujours des moments de bonheur pour moi quand je découvre des textes aussi beaux!).


Et je vous invite à vous rendre dans son espace où l'on découvre bien d'autres joyaux de ce genre...


"Voilà un poème de Jean Tardieu

tout à fait à propos et qui est intitulé
"La part de l’ombre"

Toutes choses que je connais, au nom de cette
raison qui nous éclaire encore pour un peu de temps,
je les ai nommées. Cependant, la nuit de ce qui n’a pas de nom les déborde de toutes parts.
Cette obscurité, je n’entends point l’adorer, mais la reconnaître pour telle, savoir où elle commence et,de la sorte, mieux repérer les frontières de mon domaine.
A moi de combattre pied à pied l’envahissement
des ténèbres, de repousser le plus loin possible mes limites – mais quelle folie de croire que je pourrai continuer à vivre et à lutter si, dès ce monde-ci, je ne fais pas la part de l’ombre !
Je verrai ainsi, autour du moindre de nos actes,
ce halo d’infinité qui lui confère sa grandeur. Le plus humble pichet sur une table d’auberge peut devenir objet sacré : il suffit que je m’étonne de sa présence, et le voilà parti, bercé par des flots absolus.

Posté par photoeil"


 

 




   
 


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lundi 17 septembre 2007

De l'autre côté... L'ailleurs qui est ici...

   





   

   

 

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" Nous sommes des êtres amphibies. Nous sommes d'ici et d'ailleurs, les pieds sur la terre et la tête dans nos rêves, comme des arbres déracinés, immergés dans le flot incessant de nos fantasmes, de nos utopies. C'est cela, la seconde vie: cet espace où nous passons la majeur partie de notre existence, où le dedans et le dehors, l'intime et l'exterieur ne cessent de se mêler"

  A propos du livre  "52 ou la seconde vie"  de Geneviève Brisac


Comme j'ai aimé froler du doigt ces 52 fragments de vie,cette "seconde vie", cet insaisissable qui sans cesse nous échappe...
Peut-être est-ce cela que je traque perpetuellement jusque dans les pages de cet espace...
Cette vie qui vacille, cette espérance folle sans queue ni tête qui s'envole dans le ciel comme un cerf-volant dont la corde aurait cassé...
Espaces de vie, respirations silencieuses, interstices dont on émerge, ondes sensibles où l'on capte l'âme des êtres et des choses derrière une réalité ordinaire...

Dans le miroir de ces pages,  percevoir les reflets de la vie, être touché par leur grâce, saisir, révéler l'infime essentiel comme raison d'être...
Effleurer la partie insaisissable de ce qui nous anime, tenter de cerner l'indéfinissable, la vie derrière la vie, cette réalité volatile comme poussière au soleil  qui traverse fugitivement le regard pour briller, danser et  aussitôt s'échapper...

Des poussières comme des notes, des émotions volant dans l'air...

Poussières légères comme un "ô" lancé, "ô si vrai, si sincère et si drôle aussi..."

Poussières comme un regard qui vacille quelques instants d'un éclat  de chagrin, d'emerveillement et aussitôt
se rend au calme lisse des temps ordinaires...

Un souffle  murmure:
" Si ton cerf-volant est cassé, garde la ficelle".
C'est ce que je fais, sans doute parce que les rêves sont au bout...























 

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vendredi 14 septembre 2007

Recueillir le grain des heures

   

    

   

   

    


Etirer le gris jusqu'au bleu...

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Saisir

Recueillir le grain des heures
Etreindre l'étincelle
ravir un paysage
Absorber l'hiver avec le rire

Dissoudre les noeuds du chagrin
S'imprégner d'un visage
Moissoner à voix basse

Flamber pour un mot tendre
Embrasser la ville et ses reflux
Ecouter l'océan en toutes choses
Entendre les sierras du silence
Transcrire la mémoire du miséricordieux
Relire un poème qui avive
Saisir chaque maillon d'amitié.

Andrée Chedid





                                       




                                                                  




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mardi 11 septembre 2007

De la tendresse plein les poches...








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Une poche sans fond où l'on puise la tendresse....

Cette poche où l'on peut dépenser sans compter.








"Et même si rien n'se passe
Comme j'veux l'imaginer
Si c'est vrai qu'tout s'efface
C'est maint'nant
Et tout d'suite
C'est pour l'instant
Que j'en profite
C'est pas le bon moment
Pour se dire que le temps
Passe vite."

Volo







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jeudi 6 septembre 2007

Toujours en équilibre entre la beauté et la mort...

 

 

 



 

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Ces roses-là...  C'était quelque chose.
J'étais donc en train de prendre mon petit déjeuner et je regardais le bouquet sur le plan de travail de la cuisine. Je crois que je ne pensais à rien. C'est peut-être pour ça, d'ailleurs, que j'ai vu le mouvement ; peut-être que si j'avais été absorbée par autre chose, si la cuisine n'avait pas été silencieuse, si je n'avais pas été seule dans la cuisine, je n'aurais pas été suffisamment attentive. Mais j'étais seule et calme et vide. J'ai donc pu l'accueillir en moi.
Il y a eu un petit bruit, enfin un frémissement de l'air qui a fait « shhhhh » très très très doucement : c'était un bouton de rose avec un petit bout de tige brisée qui tombait sur le plan de travail. Au moment où il l'a'touché, ça a fait « peuf», un « peuf » du type ultrason, seulement pour les oreilles des souris ou pour les oreilles humaines quand tout est très très très silencieux. Je suis restée la cuillère en l'air, complètement saisie. C'était magnifique. Mais qu'est-ce qui était magnifique comme ça ? Je n'en revenais pas : c'était juste un bouton de rose au bout d'une tige brisée qui venait de tomber sur le plan de travail. Alors ?
J'ai compris en m'approchant et en regardant le bouton de rose immobile, qui avait terminé sa chute. C'est un truc qui a à voir avec le temps, pas avec l'espace. Oh bien sûr, c'est toujours joli, un bouton de rose qui vient de tomber gracieusement. C'est si artistique : on en peindrait à gogo ! Mais ce n'est pas ça qui explique THE mouvement. Le mouvement, cette chose qu'on croit spatiale...
Moi, en regardant tomber cette tige et ce bouton, j'ai intuitionné en un millième de seconde l'essence de la Beauté. Oui, j'ai eu cette chance inouïe parce que, ce matin, toutes les conditions étaient réunies : esprit vide, maison calme, jolies roses, chute d'un bouton. Et c'est pour ça que j'ai pensé à Ronsard, sans trop comprendre au début : parce que c'est une question de temps et de roses. Parce que ce qui est beau, c'est ce qu'on saisit alors que ça passe. C'est la configuration éphémère des choses au moment où on en voit en même temps la beauté et la mort.
Aïe, aïe, aïe, je me suis dit, est-ce que ça veut dire que c'est comme ça qu'il faut mener sa vie ? Toujours en équilibre entre la beauté et la mort, le mouvement et sa disparition ?
C'est peut-être ça, être vivant : traquer des instants qui meurent.

L"élégance du hérisson  de Muriel Barbery

      

   

    








                

   

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mercredi 5 septembre 2007

Silencieuse




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De peur que je n'apprenne à te connaître trop facilement,
tu joues avec moi.
Tu m'éblouis de tes éclats de rire pour cacher tes larmes.
Je connais tes artifices.
Jamais tu ne dis le mot que tu voudrais dire.
De peur que je ne t'apprécie pas, tu m'échappes de cent façons.
De peur que je te confonde avec la foule, tu te tiens seule à part.

Je connais tes artifices.
Jamais tu ne prends le chemin que tu voudrais prendre.
Tu demandes plus que les autres, c'est pourquoi tu es silencieuse.
Avec une folâtre insouciance, tu évites mes dons.
Je connais tes artifices.
Jamais tu ne prends ce que tu voudrais prendre.

Radindranath Tagore






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