dimanche 18 mars 2007
L'insaisissable
Ombres et lumières
s'échappent du ciel. Les nuages laissent passer des vérités différentes
pour chacun, selon l'endroit où l'on se trouve...
Se dessine dans le ciel un oeil, l'Oeil d'Horus...
J'ai devant moi la clarté du ciel et je n'ai rien vu... Il faut que les contours des nuages qui dessinent cet oeil me soient montrés par le felouquier égyptien qui nous accompagne...
Mon appareil à peine saisi, sa réalité se dissipe déjà. Réalité pourtant là, face à moi et qui manque d' échapper à mon regard...
Ainsi va la perception de la réalité.
Ce que l'on montre, on le connaît déjà. Le reste est à découvrir ( l'écrit, l'art est un chemin vers cela...)
Nulle vérité entière n'est dans notre regard, ni dans celui d'autrui.
L'approche de la vérité reste dans l'acceptation de la difficile différence.
L'acceptation aussi de n'être pas toujours dans le regard d'autrui, l'acceptation qu'autrui ne soit pas toujours ce que l'on voudrait qu'il soit.
La réalité est fait de multiples perceptions. Chacun voit ce qui a du sens pour lui. Le reste n'apparaît que dans une transparence quasiment immatérielle visible seulement par d'autres regards, d'autres manières de regarder...
Tenter de percevoir le diffus dans le visible...
Une brèche s'ouvre, d'où une intuition fugitive s'échappe.
Et le voile du doute redépose son ombre obscure.
Reste l'insaisissable, le voile opaque des apparences qui masque l'essentiel, ce qui ne peut se dire ni se montrer...
Reste le vide d'un reflet perçu et immédiatement perdu...
Tout en écrivant ces mots' j'écoute "La Librairie Francophone" sur France-inter je suis saisie par une phrase qui fait écho à ce que j'écris...
De son livre "L'enfant-rire" j'entends Joëlle Miquel dire:
"La vérité, autant de l' autre que du monde, nous échappe. Et je pense que dire "je ne sais pas mais ça m'intéresse", voilà, c'est ça que je voudrais que les lecteurs pensent"...
Un livre qui m'appelle...
L'écho se poursuit sur un autre livre: "L'aventure de la photo contemporaine de 1945 à nos jours" de Louis Mesplé: Une phrase parmi d'autres "Prendre une photo, c'est une façon d'écrire une fiction ou un élément du réel..."
Un autre livre à découvrir...
Commentaires
Prendre une photo c 'est immortaliser le Temps,les personnes, les lieux et les couleurs..
prendre des Mots et les écrire, c'est un Instant d'Encre magique où se mêlent et se reposent pensée et imaginaire.
Dans le Ciel, il se dessine un Monde que l'on ne peut pas attraper , reflet d'un Miroir invisible
de la Vie sur terre Tout est irréel, et réél dans l'éternel...
CJM* Poétesse-
Lire au-delà des signes et y déchiffrer les clins d' oeil du passé, au-delà des siècles et des civilisations ... Avoir les sens ouverts à ces messages ...
belles pensées pleines de justesse...
la perception est une cage dorée...
nous donne beaucoup et nous isole de l'autre
parvenir à communiquer cette perception ressentie est l'objet même d'une vie...
le croisement des regards permettent la constitution de la réalité...que personne, c'est vrai ne possède seul...
tout me plait dans tes mots...
L'instant saisi en phOto est fort juste aussi.
j'aime toujours autant venir ici.
Merci à toi aussi pour la Beauté et la Profondeur de Ton Ecriture. Amitié CJM*
Heureuse découverte...
Découverte de cet espace, en écoutant Satie, et les mots "l"essentiel ne peut se dire, ni se montrer", qu'il aurait pu également prononcer, lui, l'ennemi de la fatuité.
Pour moi aussi le choix le plus important, ce n'est pas vivre avec ou sans Dieu, son silence, son absence, mais plutôt vouloir vivre dans un monde de signes, y être attentive, dans chaque instant, chaque seconde.
Vos paroles font écho. Merci.
Amitiés
Gris perle...
Gris perle, souris d'acier
Horizon en dilution
A l'encre délavée
Comme un jour effacé
Qui aurait oublié
D'allumer la lumière
je crois que c'est Lamartine qui disait que l'on voit les choses à travers ce qu'on aime à travers ce que l'on est
fernando
Bravo
Quelle belle réflexion et quelle sensibilité...
RAFRAFI
La réalité...
... n'existe, après tout, que si on la regarde. Sans doute disparaît-elle dès qu'on a le dos tourné...
Pour ce beau ciel, j'ai d'abord pensé à un trucage "pixellisé" sur ta photo numérique : mais non, l'oeil géant d'Horus était bien dans le ciel et regardait passer l'onde, le soleil et la felouque !
Et... (visite ouverte à tout le monde !) la belle histoire de Merlin et Viviane en mon dernier article-fée...
Amitié.



