mercredi 28 février 2007
Possible ou impossible rencontre?
Je reviens fièvreuse, mal en point mais remplie de la lumière et de l'ombre de ce pays fascinant. La lumière dans les yeux prédomine et m'appelle à y revenir...
Je perçois combien ce monde peut m'échapper...
Notre monde occidental à la rencontre d'un monde si différent...
Des valeurs acceptables ou non pour les uns et les autres (la place de la femme par exemple est un sujet des plus sensibles...), des niveaux de vie souvent totalement opposés, une façon de vivre, de penser complétement différente...
Tant de choses différentes à la base qui n'aident pas à une compréhension de l'univers des uns des autres pour permettre un véritable échange...
Des codes sociaux non perçus sont souvent source d'incompréhension, de maladresses, de réactions inadéquates et de jugements...
Aller en terre étrangère reste avant tout pour moi une tentative de percevoir, de comprendre les rouages, les imbrications complexes qui assignent chacun à une place, à un comportement social bien particulier -je parle aussi de nous-...
Tenter de garder les yeux ouverts sur soi et le monde est le chemin possible de l'un à l'autre...
Parfois peut-être un pont se jette au-dessus du vide pour un instant secret, un éclat fugititif qui paraît subsister...
...au-delà du mirage qu'il peut être...
Une étincelle qui s'envole ausitôt sans pour autant annuler sa part de réalité...
Ce pont sur le vide apparaît dans un éclair...
Ou tout au moins la possibilité d'une rencontre même fugace...
Réalité floue et immaterielle ?
Que reste-t-il de ce filet que l'on jette sur l'inconnu, qu'en retire t-on -le chemin est long jusqu'à soi- et qu'en subsiste-t-il par ailleurs?
Le monde est ce qui nous échappe...
Peut-être un regard transformé un tant soit peu de part et d'autre...
Me reste le désir d'approfondir ce monde égyptien qui m'a surpris et emerveillé..
Des lectures que l'on m'a conseillées:
- Les Fainéants dans la vallée fertile d'Albert Cossery
- Immeuble Yacoubian d'Alaa El Aswany édition Acte Sud
Je reviens avec déjà l'envie découvrir plus profondément ce pays et aussi le désir d'y retourner un jour...
Car il est évident que celui-ci ne peut se comprendre que dans la durée...
mardi 27 février 2007
Glisser au fil du temps
Sur le Nil le temps glisse, tout s'efface et seul le présent subsiste...
Le Nil s'écoule à la vitesse du temps. Un changement infime et incessant qui glisse imperceptiblement tel une felouque au fil de l'eau selon le vent doucement ou emporté par lui. Le paysage est le même mais change peu à peu et finalement se profilent d'autres paysages proches mais déjà différents...
Envol vers l' Egypte
samedi 17 février 2007
En partance...
Envolée vers d'autres horizons...
Battuta Zingaro photo Antoine Poupel
Aussi je vous dis à bientôt...
jeudi 15 février 2007
Hors du temps
"Le temps de lire, comme le temps d’aimer,
dilate le temps de vivre"
"Comme un roman" de Daniel Pennac
mercredi 14 février 2007
Galop de mémoire et du vent
Battuta le dernier spectacle toujours aussi merveilleux de Zingaro...

Battuta Zingaro photo Antoine Poupel
D'autres précédents spectacles tout aussi magnifiques...
Des poèmes écrits par André Velter dont celui-ci:
Eclipse
Là-bas des soleils contraires
Eveillant les ténébres et les jours
Ce qu’ils éclairent ne se voit pas
Des chevaux de neige et de nuit
Passent par la lune noire
L’espace est au givre
Il reste une paleur d’eclipse
Dans le voile de la terre.
Zingaro
est le nom de ce qui vient de loin. Du coeur des déserts indiens autant que de
Sicile. Des sentiers du Caucase autant que du fond des steppes.
Zingaro est le signe qui change l'exode en errance. L'exil en galop de mémoire
et de vent. La horde nomade en fraternité équestre. Zingaro est l'aventure des
aventures.
La vie vouée à d'autres défis. D'autres conquêtes. D'autres fêtes. Quand rien
n'est jamais acquis c'est la chance. Comme créer toujours sur le départ.
Prendre appui sur le vide. Réinventer l'élan qui lie fureur et lumière. Force
et caresse. Muscle et ferveur.
Bartabas est de ceux qui ne veulent tenter que l'impossible. Conjuguer vitesse
et retenue. Débord et ralenti. Ténèbre. Soleil. Poussière. Absolu. Son parcours
s'apparente à une ascèse farouche. Une effraction risquée comme une
renaissance. Un pari fabuleux dédié à la beauté.
Il a fait du cabaret le rendez-vous des camps-volants. Il a rêvé l'opéra en jeu
d'échos. Fièvre d'espace. Il a ressuscité la chimère du chevalier qui va de
mirage en mirage. Il a anticipé le message de l'éclipse.
extrait de:
Le Sacre
des Chevaux, préface au livret Triptyk, 2000. André Velter
mardi 13 février 2007
L'immensité d'un regard...
Ce n'est pas la lumière qui manque à notre regard, c'est notre regard qui manque de lumière...
Gustave Thibon
Et certains ont cette rare faculté de nous amener à regarder ce que notre oeil oublie trop souvent de voir... Immemory est de ceux-là...
samedi 10 février 2007
"Les petits magasins" ...
Je viens de découvrir ce petit livre pleins de petites perles brillantes ...
En voici déjà quelques unes...
C'est tout simple, plein de poésie et rigolo ...
Et j'aime bien...
LE MAGASIN DES BONS AMIS
Dans le magasin de bons amis, deux vendeurs bons amis
restent assis sans rien faire et fredonnent des refrains.
— Qui ne fait rien ne réussit rien, fredonne le premier.
- Mais qui veut réussir? fredonne le second.
LE MAGASIN DES BOUTONS DE MR PETIT
Le magasin de boutons de monsieur Petit est ouvert nuit et jour. Les boutons de monsieur Petit sont rangés dans cent un tiroirs, il en ouvre cent, il montre à ses clients chaque bouton, il y a de quoi coudre des boutons sur tous les vêtements du monde, mais certains clients voudraient quand même qu'il leur ouvre aussi le cent unième tiroir. « Ce tiroir est vide », dit monsieur Petit, et il ne montre jamais à personne le cent unième tiroir. C'est seulement la nuit, quand il est tout seul, qu'il entrouvre le tiroir avec mille précautions, car ce tiroir est rempli d'étoiles, des étoiles du firmament, en le cirant un peu plus, la clarté augmente, on voit un tout petit peu le paradis, on entend un chuchotement d'anges.
LE MAGASIN DE CARTES GÉOGRAPHIQUES

Dans le magasin de cartes géographiques entre un client, il raconte sa vie, le vendeur l'écoute, il sort une carte, il y pique un petit drapeau et il dit : - Tenez. C'est là que la vie vous a fait échouer.
LE MAGASIN DE COEURS TRANQUILLES
Dans le magasin de coeurs tranquilles entrent des marins errants, nous sommes venus pour tranquilliser nos coeurs, disent-ils, mais il n'y a personne dans le magasin, seulement des inscriptions gravées sur les murs, JE SUIS VENU ICI POUR TRANQUILLISER MON COEUR, ils lisent toutes les inscriptions, puis ils gravent eux aussi la même chose sur le mur, Il y a toujours de la place, on ne sait comment, mais il y en a toujours.
LE MAGASIN D' ANGES GARDIENS
Personne ne doit entrer dans le magasin d'anges gardiens, il suffit de soupirer, SOUPIRER c'est marqué, et alors les anges entendent le soupir,ils posent leur tricot, leur crochet, et ils partent dans la minute si c'est nécessaire. Mais si, d'après eux, ce n'est pas nécessaire, alors ils continuent de tricoter, .e crocheter.
LE MAGASIN DES DIABLES
Dans le magasin de diables, on vend des diables et rien d'autre. On ferait mieux de garder les diables dans des cages, mais le diable, ça aime la liberté, si on lui met un cadenas, ça souffle sur le cadenas et ça s'évade, si on l'enferme à clé, ça mange la clé et déjà ça gambade au-dehors et ça chante. Le diable, ça ne connaît aucune chanson douce, que des marches militaires, où on peut faire tralala! tratata! bang! bang! ses prunelles brillent, ses sabots battent la cadence, bang! bang! quand ça chante. Le vendeur de diables a sorti un gros gramophone, il tait tourner les disques les uns après les autres. « Écoutez un peu, mes petits garçons, ces opéras sublimes », mais les diables, tralala! tralala! avalent les clés et chantent les marches du matin au soir.
LE MAGASIN DE JETS DE MOTS
Dans le magasin de jets de mots, les étagères sont pleines de mots à jeter. Il y a des mots démodés ou nouveaux, amoureux, romanesques, lettresques, publicitaires, provocants, menaçants, amicaux, tendres ou funèbres, avec ou sans orthographe, il suffit d'apporter sa page blanche et de la tenir bien, les mots se jetteront dessus, et voilà. Le premier jet est fait. Les mots sont écrits sur la page.
LE MAGASIN DE BEIGNETS FAITS POUR LA VIE
Dans le magasin de beignets faits pour la vie, le boulanger tamise de la farine à âme à travers son tamis à âme pour en faire des beignets. Seulement, le sucre, il l'oublie, il en met ou il en met pas, ça dépend. Arrivent les clients, ils posent la question:
- La vie est-elle un beignet amer? Ou sucré?
- Et comment pourrais-je savoir ça, moi, dit le boulanger. Il faut l'acheter, il faut le manger. C'est comme ça que vous le saurez.
LE MAGASIN DE MALFAITEURS
Dans le magasin de malfaiteurs, tout est joli et coloré, il y a de la musique, le vendeur se déplace sur la pointe des pieds. Des malfaiteurs bleus, des malfaiteurs verts, des malfaiteurs rouges regardent les étalages :
- Comme c'est beau ici! Et si on volait quelque chose ?
Le vendeur sourit:
- Mais bien sûr, bien sûr! Nous sommes là pour ça. Mesdames, messieurs, servez-vous! Tout doit disparaître !
LE MAGASIN DE MAUVAIS JOURS

Dans le magasin de mauvais jours, les clients s'assoient et attendent.
— Qu'attendez-vous, je vous prie?
— Nous attendons parce que, pour l'instant, c'est encore bon. C'est bon de rester là et attendre. Mais les mauvais jours ne vont pas tarder d'arriver.
LE MAGASIN D OUBLIEUX
Un client pousse la porte du magasin d'oublieux et dit:
— Moi, je vous prie, j'ai déjà tout oublié. Le marchand ouvre un grand livre :
— Vous voudriez que tout vous revienne d'un coup? Le commencement, le milieu, la fin?
— Un peu de chaque, s'il vous plaît. Mais la vie c'est pas comme des bonbons, dit le marchand et d'une claque il referme le livre. Ici vous n'êtes pas dans une confiserie.
LE MAGASIN DE SURPRISES
Dans le magasin de surprises, quelles sortes de quoi il peut y avoir? Si nous savions!
extrait de" Les contes des magasins" de Aliz Mosonyi...
vendredi 9 février 2007
La vie est un labyrinthe inextricable...
La vie est un labyrinthe inextricable, on ne sait pas où l'on va ni ce que l'on cherche ni pourquoi...
Sur notre chemin quelques mains, quelques regards qui nous guident... Ils viennent parfois à nous de loin pour nous accompagner. La magie des mots a ce pouvoir là...
Voici mes quelques fils d'Ariane du moment (juste lus, en cours ou pour très bientôt..) du bonheur en encre et papier, quelques trésors de vérités multiples que sont les livres, ceux qui nous parlent et résonnent en nous, ceux qui continuent leur chemin intérieur une fois terminés...
"Loin de s'en étonner,
comme s'il savait depuis le premier jour que tout devait finir ainsi,
l'archimandrite, le visage illuminé
d'un sourire radieux, lut à voix haute le texte suivant :
La vie est un labyrinthe inextricable, et chaque être, perdu dans sa solitude,
erre en silence pour chercher une quelconque issue au tragique destin de son
existence. Seuls les fils d'Ariane que sont les liens d'amitié et
d'amour, qu'il tisse avec les autres êtres dans ce même labyrinthe, lui donnent
le courage de continuer à chercher et à avancer chaque jour. Sans ces fils
d'Ariane, l'être humain sombrerait dans la folie, comprendrait qu'il n'est rien
et se donnerait la mort. Mais il sait que d'autres, comme lui, cherchent la
sortie, et il se doit de les accompagner dans cette quête. Car, pour son
malheur, pour son plus grand malheur, il croit qu 'il y a une sortie. C'est
pour cela qu'il reste en vie et que, du labyrinthe de l'existence, il fait une
prison dorée qui pourrait un jour devenir son paradis.
Puis un peu plus loin, ce paragraphe étonnant :
Ceux qui vivent avec la nostalgie du passé ou dans l'espoir d'un futur meilleur
seront condamnés à errer indéfiniment dans les couloirs du temps. Ceux-là,
voués au malheur, seront attirés irrémédiablement par le magnétisme de la
clepsydre et pris dans les tourbillons de l'incertitude et de l'isolement.
Car à trop penser au passé ou au futur, on en oublie de vivre au présent, on
vit comme si on n 'allait jamais mourir et on meurt sans jamais avoir vécu.
La seule façon d'échapper au sortilège est de vivre l'instant présent,
Alors l'archimandrite vit le général sourire comme sourient les
anges, car tous deux venaient d'accéder enfin au trésor de
vérité. Un trésor leur expliquant
pour quelle raison Alberto Mendoza était l'auteur
du livre de la chronique de Labyrinthe, pour quelle autre le capitaine Spyros
Parga s'était envolé dans les nuées, et enfin pourquoi Vassili Evangelisto
était le seul sur qui le sortilège du temps n'avait aucune prise. Parce que le
premier, enfermé dans les limbes d'un passé empreint de nostalgie, avait fait
reculer le temps, que le second, bercé par les chimères
de l'avenir, l'avait emmené dans un futur improbable, tandis que le
troisième, plein de raison, l'avait ramené au présent."
"Le Labyrinthe du temps" Fermine
jeudi 8 février 2007
La Vie des Autres
Un film qui permet de prendre conscience, plein d'une émotion retenue et ne laisse pas indifférent.
De surcroit, unfilm qui nous amène à découvrir le quotidien de la RDA communiste ...
Un agent de la Stasi dans le Berlin de la RDA communiste est amené a espionner un homme, écrivain donc suspect.
Il découvre peu à peu le quotidien de cet homme plutôt fidèle au régime mais qui peu à peu s'en écarte face à l'inhumanité de ce système...
L'agent Wiesler est dans ce même parcours touché par l'authenticité et la bonté de cet homme et découvre par ce prisme, le vide que cet idéal -qu'il réalise perverti- a instauré dans sa vie...
Par ce regard on découvre le quotidien de ce régime totalitaire: les rouages d'un système subtil de déni de la réalité, de délation, de surveillance, de trahison, de compromission qui ne laisse rien au hasard. Chacun est enfermé à sa place et tout est en place pour qu'il n'y ait aucune marge de manoeuvre pour aucun...
Malgré tout un grain de sable dérisoire se pose face à l'horreur banalisé et quotidienne. De cette bréche ouverte émerge un souffle d'humanité comme une flamme vacillante, de celle quiaide à croire un peu en l'Homme malgré la suprématie de l'horreur...
Cela fait du bien de voir des films d'une telle profondeur humaine, du grand Art...


































