mardi 19 décembre 2006
Mouvement de vie: le taichi chuan
d'après " Le Taiji Quan" de Jean Gortais Le Courrier du Livre
Relié à la terre et au ciel, le Taiji est résonnance.
Lorsque le pratiquant retrouve son centre, disent les Chinois, lorsque "le TAO agit par lui",
il devient le "pilier entre le ciel et la terre"
et participe consciemment aux
"10 000 Transformations".
Le Tai ji quan est mal connu et,
aux yeux d'un novice, n'apparaît que la lenteur des gestes alors qu'il s'en
dégage une vraie force. Cependant, le Tai ji quan est un
art martial. Mais justement, qu'appelle-t-on un art martial [...]
Le terme d'art martial est le plus
souvent une école enseignant à la fois une technique de combat et la
connaissance et la maîtrise de soi. La recherche d'un meilleur contrôle de soi
et de son environnement est primordiale.
Il satisfait non seulement aux spécificités de l'art martial mais donne
également une place très importante à l'énergie.
Pour cela, il s'appuit sur les bases de l'enchaînement, élément clé de la pratique permettant de
consolider son énergie, le "qi", afin de réguler sa respiration sur ses
mouvements, de fortifier sa substance énergétique et musculaire et affiner sa
sensibilité.
Cet art martial est ardu et très exigeait si on tend à la recherche de son vrai
sens.
Bien sûr, l'apparent de douceur est bien une composante de la pratique mais
elle ni vient qu'après des efforts intenses d'assimilation de la forme c'est
l'aboutissement d'années d'entraînement.
Le "taij"i est le résultat de l'union
entre les souffles yin et yang qui s'opposent et se complètent dans un mouvement
d'équilibre dynamique.
Mais le "taiji" existe aussi en dehors
de ce que l'œil humain est capable de voir et de comprendre. Le "taiji"
représente les changements et le développement des phénomènes naturels, de la
pousse des plantes à la rotation terrestre et des mouvements des galaxies.
Ces mutations ne sont pas
immédiatement perceptibles par l'homme, c'est pourquoi on ne considère pas le
"taiji" uniquement comme mouvement mais également immobilité dans le mouvement.
Et c'est à partir de cette notion imperceptible par l'esprit puisque
inexistante, "vide"', qu'il faut appréhender la constance des
mutations cycliques du cosmos et les mouvements de création, de développement,
de changements qui interviennent dans la nature.
On n'est plus dans le domaine
de la perception mais de la sensibilité, on passe de l'action concrète à un
état.
L'homme ne doit pas agir mais
ressentir, recevoir, rester humble et imiter ce calme de la nature afin de
pouvoir se fondre en elle et la ressentir dans toute sa globalité.
L'homme doit
devenir comme l'eau - source de la vie -, qui est l'entité la plus souple de la
nature : "l'eau est sans forme, elle prend ses formes au hasard de ce
qu'elle rencontre", elle prend la forme de son récipient, contourne les
obstacles qui se dressent devant elle...
Le Taijiquan tire son nom du "taiji"
principalement pour trois raisons : premièrement, au cours de l'enchaînement,
il n'y a aucune coupure et les mouvements peuvent se faire dans un mouvement
circulaire sans fin, chaque mouvement en amène un autre, ce n'est que les
contraintes humaines qui obligent à placer une fin. Deuxièmement, le Taijiquan
se divise en mouvements yin/yang, d'ouverture et de fermeture, d'inspiration et
d'expiration, d'élévation et d'abaissement, de mobilité et d'immobilité, de
vide et de plein, pour finalement former un tout se suffisant à lui-même.
Troisièmement, la réalisation d'un enchaînement doit se faire dans un calme
absolu de l'esprit qui s'efface pour laisser place aux mouvements.
L'impression de douceur est bien
présente, et plus qu'une impression, elle est bien réelle, la même que nous
fait parvenir la nature, une espèce de sérénité et de plénitude vide (ou de
vide plein) d'où émane une grande force. Cependant, il est très difficile
d'arriver à ce niveau de pratique. En théorie, cela paraît extrêmement simple
et à la portée du premier débutant. Mais il ne faut pas oublier que l'homme, le
plus haut dans l'échelle animale, est loin d'avoir les capacités physiques et
le "6"'"' sens" de l'animal.
Mais ce que l'homme peut développer
avec son corps est d'une grande richesse tant intérieure que physique.
Le Taijiquan vise à un niveau d'accomplissement de soi qui dépasse
les autres arts martiaux chinois. Ce qui fait vraiment la difficulté de cet art
est justement la recherche permanente des pratiquants vers un "taiji", rendant
son étude aussi vaste que l'est l'univers. Et pour pouvoir construire son
propre niveau, il faut d'abord beaucoup travailler sur les bases techniques. Mais cet art est semblable au taiji : c'est une
évolution perpétuelle dont on ne trouve jamais la fin. Depuis
l'Antiquité, les maîtres d'arts martiaux se sont succédés mais aucun n'est
arrivé à en épuiser toutes ses ressources. Et pour arriver à un niveau qui
permette au pratiquant de ressentir toutes les subtilités de cet art, il faudra au débutant des dizaines d'années
d'entraînement et de perfectionnement.
Le Taijiquan est toutefois accessible à tous car les
mouvements techniques eux-mêmes ne demandent pas de force physique ou de
rapidité d'accomplissement.
De plus, cet art met en avant la tolérance face aux écarts de capacités
physiques, Il ne faudra jamais se
forcer à faire des mouvements qui sont hors de notre portée. L'important est le
travail que nous faisons nous-mêmes sur l'énergie, son propre enracinement et
sa souplesse relative.
D'après
un article de Yvonne Ly paru dans la revue Yi magazine juin 2005
(magazine interne de la fédération De taichi Chuan & Qi Qong) Pour frapper à une porte sûre: http://www.toum.asso.fr/frametai.html http://www.fed-taichichuan.asso.fr/interne/index.php?page=taichi#haut
Commentaires
je confirme tout ça pour tenter de le pratiquer depuis quelques années! faire les gestes parait si simple, y mettre l'énergie, la concentration, ça c'est autre chose...


