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Tendresse
 
 Mon coeur ne bat que de ses ailes
Je ne suis pas plus loin que ma prison
O mes amis perdus derrière l'horizon
Ce n'est que votre vie cachée que j'écoute
Il y a le temps roulé sous les plis de la voûte
Et tous les souvenirs passées inaperçus
Il n'y a qu'à saluer le vent qui part vers vous
Qui caressera vos visages
Fermer la porte aux murmures du soir
Et dormir sous la nuit qui étouffe l'espace
Sans penser à partir
Ne jamais vous revoir
Amis enfermés dans la glace
Reflets de mon amour glissé entre les pas
Grimaces du soleil dans les yeux qui s'effacent
Derrière la doublure plus claire que les nuages
Ma destinée pétrie de peurs et de mensonges
Mon désir retranché du nombre
Tout ce que j'ai oublié dans l'espoir du matin
Ce que j'ai confié à la prudence des mains
Les rêves à peine construits et détruits
Les plus belles ruines des projets sans départs
Sous les lames du temps présent qui nous déciment
Les têtes redressées contre les talus noirs
Grisées par les odeurs du large de la terre
Sous la fougue du vent qui s'ourle
A chaque ligne des tournants
Je n'ai pas assez de lumière
Assez de peau assez de sang
La mort gratte à mon front
Et la même matière
S'alourdit vers le soir autour de mon courage
Mais toujours le réveil plus claire dans sa flamme de ses mirages.

 

Pierre Reverdy