D'ombre et de lumiere

"Dis-moi Qu'as-tu choisi ? Qu'est-ce que tu veux garder ? Que veux-tu conserver dans la tirelire à temps dans ton léger trésor d'instants sauvés ?"

jeudi 27 juillet 2006

Un miracle en équilibre de Beatriz Etxebarria


Eva est à une période de sa vie en équilibre  entre le passé et l'avenir.
Sa fille vient de naître et sa mère et en train de mourir.
La fin proche de sa mère l'amène à se pencher sur son histoire familiale, et sur la fragilité de ce passé  encore très proche qu'elle  nous dévoile par petite touche. Elle nous raconte aussi l'arrivée de sa fille, bouleversement dans sa vie et source de force vive pour se reconstruire.
Elle est en recherche d'équilibre entre fragilité et force, passé et avenir, maternité et féminisme....
C'est un livre plein  de sensibilité, d'humour,de poésie avec une petite touche de philosophie et une pointe de mordant pour relever le tout.
Je vous le conseille fortement!

mercredi 26 juillet 2006

Quarante-huit kilos

Je pèse quarante-huit kilos
Peut-être un peu plus,
Un peu moins
ça dépend ... si j'ai des chagrins,
Ou pas.
Je pèse le poids de mes mots,
mes mots qui valent ce qu'ils valent
mais, en tout cas, ce sont les miens ;
Et, ces mots, quand je te les lance
Et que tu ne les attrapes pas,
Je pèse le poids de l'absence
Avec ma rage au bout des doigts.
Je pèse le poids de la peur
Qui me tient éveillée, la nuit,
Les membres raidis, sous le drap
Comme une dalle de béton,
Les yeux tournés vers l'intérieur,
A me demander qui je suis !
Je pèse le poids de mes actes
Qui sont pas toujours à ma taille,
Qui se barrent, sans prévenir,
sans demander la permission
[...]
je pèse le poids d'un chien , mort,
Comme meurent les animaux,
Avec ce regard qui s'étonne
Qui dit : pourquoi tu m'abandonnes ?...
Ce regard insoutenable,
Qui vous fait cracher vers le ciel
un dernier refus... misérable,
Et qui fait , qu'à jamais , je pèse
La toute Impuissance des hommes.
Je pèse ... le poids de l'amour
Que je ne parviens pas à vivre,
ou de façon si maladroite,
Que [certains] , sûrement, ne [savent] pas
La tendresse que je leur porte ;
Je pèse le poids de l'amour,
Qu'on rencontre si peu souvent,
Qui pourtant doit nous délivrer ! ...
mais voilà, on n'a pas le temps,
Ou alors, on est fatigué ;
Je pèse le poids de l'amour
Qu'est si difficile à donner
et tout autant, à recevoir,
Alors, on reste, là, tout seul
... A peser le poids de l'orgueil ;
Je pèse quarante-huit kilos
peut-être un peu plus,
un peu moins,
ça dépend... si j'ai du chagrin,
Ou pas.
Je pèse quarante-huit kilos !
Toi, ça te fait ni chaud, ni froid ;
[...]
... D'accord ; mais quand on se retrouve,
là tout seul,
[...]
faut bien raconter quelque chose...
Pour essayer de se trouver,
Pour ne pas rester des étrangers
[...]
Non ? alors... raconte moi...
... Combien tu pèses ?
 

Mama Bea Tekielski,

Album "Faudrait rallumer la lumière dans ce foutu compartiment", RCA, 1977

jeudi 6 juillet 2006

Nos différentes facettes

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Les relations sont sûrement le miroir dans lequel on se découvre soi-même.

Jiddu Krishnamurti

mercredi 5 juillet 2006

Ce qui est précieux

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Les choses les plus précieuses sont plus légères que l'air.

Paul Auster

Chemin tracé

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Le destin d'un homme est Le destin d'un homme est tracé, il n'est pas gravé.


Nikita Navratilova

Obscurité et lumière

Je passe le plus clair de mon temps a l'obscurcir car la lumière me gène.

Boris Vian

La Vie Est...

La vie est mystère
Perce-le.
La vie est un combat 
Accepte-le
La vie est une béatitude
Savoure-la
La vie est la vie
Défends-la.
La vie est une tragédie
Prends-la à bras le corps.
La vie est tristesse
Surmonte-la
La vie est un défi
Fais-lui face.
La vie est une richesse
Conserve-la. 
La vie est beauté
Admire-la.
La vie est une chance
Saisis-la.
La vie est un devoir
Accomplis-le.
La vie est bonheur
Mérite-la.

Mère Térésa

Vision obscure

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image trouvée dans netia59.ac-lille.fr/.../Medias/Petitvsage.gif

La lumière existe dans l'obscurité ; ne voyez pas avec une vision obscure. 

Koan Zen

mardi 4 juillet 2006

Chanson des mal-aimants Sylvie Germain

Voici un  de mes auteurs préférés: Sylvie Germain avec encore un livre magnifique.

Chanson des mal-aimants : le mot vient de la Chanson du mal-aimé d'Apollinaire. Qui n'est pas mal-aimé ? Je me dis qu'il faut autant de mal aimants.

La narratrice, abandonnée à sa naissance à la porte d'un couvent, vagabondera au fil des ans d'une place à l'autre, à travers la France. C'est comme si elle n'avait pas de vie propre, mais elle participe intensément à celle des autres et aux drames dont elle est le témoin, sondant toujours plus profondément les mystères du cœur et du corps humain en lesquels rôde si souvent la folie. Elle grandit dans les Pyrénées parmi des enfants qui attendent en vain le retour de leurs parents chassés par la guerre, puis dans une auberge où l'on pratique un culte truculent de l'ours, ensuite dans un manoir où pèse un secret en forme de cruelle mascarade. Devenue adulte, elle est servante dans divers hôtels, dans un bordel champêtre, dans un bistrot de gare, puis à Paris où elle côtoie des gens insolites, parfois inquiétants, et où elle finit chanteuse de rue attelée à un orgue de Barbarie, avant de revenir dans les  Pyrénées. Dans la splendide sauvagerie des montagnes et dans celle, bien plus féroce, de la ville, elle ne cessera de creuser et de fortifier sa solitude, ainsi que son don de compassion.

La façon dont l'auteur donne la parole à ce paria surprend par la beauté des images, la fulgurance des visions, la violence de certaines scènes, et l'on retrouve la magie de l'écriture et de l'imagination du Livre des nuits et Jours de colère.

Malgré les drames qui l'entourent, la sauvagerie, la folie. Un roman qui vous laisse à bout de souffle mais vous révèle, comme toujours chez Sylvie Germain, des trésors de spiritualité dont le maître mot serait la compassion.               

Bertrand Révillion
 

lundi 3 juillet 2006

Biographie de la faim Amélie Nothomb

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Biographie de la faim Amélie   Nothomb

Voilà encore un livre que   j'ai adoré:

Amélie Nothomb a élevé le Japon de son enfance au rang de mère-patrie, terre   promise de lait et de miel, avec ses montagnes vertes et ses lacs d'eau pure. Fille d'un diplomate belge, rare chanteur occidental du théâtre nô, c'est sur   cette île qu'elle est née, qu'elle a grandi, qu'elle a puisé, dans un   sanctuaire de beauté et d'adoration, le substrat exotique de son art et de sa   sensibilité. «La métaphysique des tubes», paru en 2000, en a été le récit   fondateur. «Biographie de la faim» y répond , par un exercice de rupture et   de perte, l'histoire d'une chute originelle, au gré des postes occupés par  son père dans l'Amérique et l'Asie des années 70-80. Il faut être un écrivain   diablement doué pour oser déchirer son propre ciel, renier ses propres   attachements, saborder ses propres munitions. Roman de l'expatriation et du   corps exilé, de l'éloignement forcé et de l'anorexie... «Biographie de la faim» est un voyage au-dessus du vide. Au bout, il y a le no man's land des   plages d'Ostende et de Wenduyne, où la belle Amélie, apaisée, se découvre en   grand écrivain belge. 

Sébastien Fumaroli -


Voici un passage où ses mots résonnent en moi:

"Si je trouvais  délectable cet engouement pour ma personne, je ne l'approuvais pas. Si ces   filles m'avaient aimée pour ce que je considérais comme mes qualités, à   savoir mon habileté aux armes, mon excellent grand écart, mon talent pour la   sissone, mon sorbet à la neige ou ma sensibilité, j'aurais compris.
  Mais elles m'aimaient pour ce que les instituteurs appelaient pompeusement   mon intel­ligence et qui n'était qu'une faculté absurde. Elles m'aimaient   parce que j'étais la meilleure élève. J'avais honte pour elles.
  Ce qui ne m'empêchait pas de défaillir de joie quand je tenais dans ma main   celle d'une favorite. Je ne savais pas ce que je représentais pour Marie et   Roselyne -- une attraction ? Un objet de standing ? Un divertissement ? Une   tendresse véritable ? -, je savais ce qu'elles représentaient pour moi.   Jadis, on me l'avait assez refusé pour que j'en connusse la valeur.
  Ce qu'elles m'offraient, elles me l'offraient en vertu d'un système qui me   révulsait : l'infecte loi du Lycée français, qui montrait du doigt les   cancres et proposait les premiers à l'admiration des assemblées. Moi,   j'aimais cel­les qui me faisaient rêver, celles dont les beaux yeux   désintégraient les repères, celles dont les petites mains emmenaient vers des   destinations mystérieuses, celles qui procuraient l'exaltation par l'oubli ;   elles, elles aimaient celle qui avait du succès.
  À la maison, ce n'était pas si différent. J'aimais d'amour ma trop   belle-mère, qui m'aimait, certes - et pourtant je sentais que cet amour   n'était pas de même nature. Maman tirait orgueil de cette chose creuse qu'on   appe­lait mon intelligence, elle vantait ce qu'elle nommait mes triomphes :   ces prestiges étaient-ils moi ? Je ne le pensais pas. Moi, je me recon­naissais   dans mes rêves et dans les souffrances de mes nuits d'asthme, où je me créais   des visions sublimes pour échapper à la suffocation : mon carnet de notes n'était pas ma carte d'identité.
  J'aimais d'amour la céleste Inge, qui m'ai­mait, certes -- mais là encore,   qui aimait-elle ? Elle aimait la drôle de gosse qui lui écrivait des poèmes   et lui déclarait sa flamme avec une emphase comique. Ces éclats étaient-ils   moi ? J'en doutais.
  J'aimais d'amour l'exquise Juliette - ô mer­veille, elle m'aimait comme je   l'aimais, sans condition, elle m'aimait pour ce que j'étais, elle dormait à   côté de moi et m'aimait quand je toussais la nuit : il y avait place sur   cette terre pour un amour véritable."

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